Comment ça marche ?
Retrouvez dans ce Dossier, les podcasts, déclarations officielles du MEDEF Nouvelle-Calédonie et citations médiatiques, au 1er trimestre trimestre 2025
Pour l'historique consultez ces dossiers :
Le MEDEF-NC dans les medias au 4ème trimestre 2024
Le MEDEF-NC dans les medias au 3ème trimestre 2024
Le MEDEF-NC dans les medias au 2nd trimestre 2024
Le MEDEF-NC dans les medias au 1er trimestre 2024
NC La 1ère TV - Manuel Valls en Nouvelle-Calédonie annonce l'élargissement aux commerces, du mécanisme de la défiscalisation nationale
29/03/2025 - Premier jour de visite en Nouvelle-Calédonie et premier acte du ministre des Outre-mer, Manuel Valls. La signature, avec le président du gouvernement, Alcide Ponga, de la convention concernant le versement du prêt garanti par l'État. Un prêt très attendu par les collectivités pour financer la reconstruction et auquel les entreprises pourront aussi prétendre sous forme d'aides.
Le prêt enfin lancé
L'objet de cette première rencontre : la signature de la convention autorisant le versement du premier octroi du prêt garanti par l'État. Autrement dit, le premier versement de l'emprunt accordé par Bercy, d'un montant total de 120 milliards de francs. Cette enveloppe, qui a donné des sueurs froides aux élus lors du vote du budget au Congrès, la veille, devrait permettre d'appuyer les finances du pays, exsangues depuis les évènements de 2024.
"Je sais que vous avez eu des discussions serrées hier, a souligné le locataire de la rue Oudinot. L'essentiel, et je vous en félicite, c'est que le budget soit adopté."
Élargissement des aides
Le ministre a profité du moment pour faire une annonce : les aides de l'État à la reconstruction des établissements publics pourront aussi être demandées par les entreprises.
"Tous les cas identifiés par les acteurs économiques (CCI, Medef, CMA et haut-commissariat) pourront être couverts dès aujourd'hui. Cette annonce vaut doctrine applicable immédiatement par le ministère des Comptes publics et l'évolution sera régularisée dans le budget de la loi de finance de l'année prochaine."
Cette annonce vient "conforter" le prêt garanti par l'État.
"Il y avait deux conditions : que le budget soit adopté hier et que cette convention soit signée, souligne le ministre. C'est un élément important, cela va permettre au gouvernement [calédonien] de rembourser les avances et de couvrir les besoins de trésorerie jusqu'au mois de juin 2025 et de travailler sur le reste de l'année."
De son côté, Alcide Ponga, président du gouvernement, s'est dit satisfait de la signature de la convention avec le ministre.
Nous risquons une crise sociale majeure - Europe 1 - 29/03/2025
Manuel Valls attendu en Nouvelle-Calédonie : toute la vie économique de l’archipel suspendue à cette visite Europe 1 - 29/03/2025 -
"Nous risquons une crise sociale majeure" Près d'un an après les émeutes, les stigmates en sont encore visibles sur les bâtiments calcinés des zones industrielles et sur les chiffres du chômage. Un salarié du privé sur quatre a perdu son emploi. "Nous sommes à l'arrêt. Notre situation économique et sociale est extrêmement compliquée", explique Mimsy Daly, présidente du MEDEF en Nouvelle-Calédonie. "
"La paix, ce sera évidemment gérer la mère de toutes les batailles et nous appelons nos élus à la plus grande responsabilité dans les décisions qui seront prises.
Les investisseurs tentent de savoir quelle visibilité ils auront sur l'avenir avant d'investir sur le long terme en Nouvelle-Calédonie.
Nous risquons une crise sociale majeure sans une reprise rapide au niveau de l'emploi",
Selon elle, le système des institutions, très complexe à cause du statut de l'île, est trop coûteux. L'accord politique doit le réformer, dit-elle, pour se projeter dans l'avenir.
« Pour l'instant, la priorité, c'est la sauvegarde et la reconstruction économique » | Actu NC 25/03/2025
« Pour l'instant, la priorité, c'est la sauvegarde et la reconstruction économique » | Actu NC - 26/03/2025
Détruites, brûlées, pillées… Les entreprises ont été profondément meurtries par les émeutes, sans compter les pertes économiques. Ont-elles remonté la pente ? Le point avec la présidente du Medef NC, Mimsy Daly.
La voix du Caillou : Dix mois après les émeutes et plusieurs milliards de francs dépensés en soutien aux entreprises, dans quel état se trouvent-elles aujourd’hui ?
Mimsy Daly : Globalement elles restent en grande difficulté. Généralement, la consommation en Nouvelle-Calédonie s’est tassée en raison de plusieurs facteurs. Les départs, bien sûr, mais également la forte proportion de la population, et notamment des salariés du privé, qui ont perdu tout ou partie de leurs emplois, avec évidemment des baisses de rémunération à la clé. On estime que la création de richesses a chuté d’environ 20 %, avec des pertes de chiffre d’affaires bien plus importantes dans certains secteurs.
LVDC : Quels sont les secteurs les plus impactés ?
M.D : Certains secteurs d’activité sont totalement à l’arrêt. L’automobile a enregistré une baisse des ventes de 50 à 80 %. Dans l’immobilier, les transactions ont été quasiment à l’arrêt ces dix derniers mois. Et le tourisme est sinistré, à quelques exceptions près. Face à cette contraction, les entreprises ont dû se restructurer, réduire leurs charges et revoir leur organisation pour tenter de s’adapter à ce nouvel environnement économique. Parce que la réalité, c’est que l’environnement a changé et qu’on ne travaille plus du tout sur les mêmes bases.
LVDC : Jusqu’à présent, les dispositifs d’aide ont joué un rôle d’amortisseur. Les défaillances d’entreprises ont d’ailleurs été contenues… Mais le pire serait-il à venir ?
M.D : Il y a eu beaucoup de défaillances chez les travailleurs indépendants, avec énormément de résiliation de patentes. Il y a aussi eu des liquidations de sociétés. On n’est pas loin du millier d’entreprises fermées ou détruites. 2025 va être une année charnière. Parce que les dispositifs d’accompagnement au chômage durent 9 mois. Les personnes qui étaient au chômage dès le début de la crise en sont déjà sorties. À un moment donné, le nombre de chômeurs a atteint les 10 000. Aujourd’hui, ce chiffre est en baisse. Pourquoi ? Parce que ces personnes ne bénéficient plus des aides au chômage et se retrouvent sans aucune ressource. Notre crainte, c’est une population qui sorte des radars même du chômage et qui se retrouve totalement sans occupation et sans ressources. Ce qui va poser des problèmes en cascade, des défaillances au niveau bancaire, au niveau du parc locatif, du paiement des loyers, etc. Ce qui va avoir des impacts systémiques sur d’autres catégories. Nous redoutons de ne pas avoir encore touché le fond. Au pire de la crise, la Polynésie française affichait un taux de défaillance bancaire de l’ordre de 12 % à 15 %. Aujourd’hui, en Nouvelle-Calédonie, il est à 7 %. On sait qu’on peut aller tristement beaucoup plus loin.
LVDC : La Nouvelle-Calédonie a voté la semaine un budget contraint, qui a réduit les dépenses publiques, tout en maintenant un niveau minimum d’investissement. Qu’en pensez-vous ?
M.D : C’était un exercice difficile, et il y a des efforts réels pour réduire les dépenses publiques. Mais ces efforts risquent d’être insuffisants si aucune réforme institutionnelle n’est engagée. Il nous semble à ce stade difficile d’aller beaucoup plus loin, notamment dans la baisse de la dépense publique. Dommage que le chantier de la rémunération de la fonction publique ait a priori été laissé de côté, parce que la réforme des grilles nous semble un sujet extrêmement important.
LVDC : Pourquoi la masse salariale de la fonction publique est-elle un problème ?
M.D : Je vais prendre les chiffres de la rémunération. Le salaire moyen net mensuel des fonctionnaires c’est 445 000 francs en Nouvelle-Calédonie soit 48 % de plus que dans le privé. C’est une source ISEE, les études salaires et les synthèses de salaire annuel 2020-2022. Le salaire moyen dans le privé est à 299 000 francs. Le salaire médian public, lui, est à 361 000 francs. C’est 77 % de plus que dans le privé. Et donc, même les salariés les mieux payés du public sont mieux payés que les salariés les mieux payés du privé. Si on opère une comparaison, les fonctionnaires calédoniens sont même bien mieux payés que les fonctionnaires polynésiens. C’est l’héritage direct de nos institutions et de la superposition des strates. Les derniers chiffres font état de 6 000 fonctionnaires de plus en Nouvelle-Calédonie qu’en Polynésie française pour une population équivalente. Donc on se retrouve avec un poids de la masse salariale du public qui représente 28 % de l’emploi. Alors que partout ailleurs, c’est 19 %. On explose tous les records en la matière. Et donc c’est un enjeu pour la Nouvelle-Calédonie pour l’avenir. Si on veut un jour une autonomie financière quelconque, il va falloir traiter ce sujet qui est un héritage des transferts de compétences. Et la faute originelle revient à tout le monde, à l’État, à nos propres institutions qui n’ont pas eu la vision à l’époque de cette problématique de grille salariale. Mais là, aujourd’hui, confrontés à la crise qu’on vit actuellement, le sujet de la rémunération de la fonction publique et du nombre d’agents va être absolument vital. Le moins 1%, c’est bien, c’est louable, mais ce n’est pas assez.
LVDC : Le maintien des investissements est-il une bonne nouvelle pour la relance ?
M.D : C’est évidemment un signal positif, mais nous craignons que l’enveloppe de 200 millions d’euros promise par l’État ne soit pas totalement utilisée. La raison est simple : pour bénéficier de ces fonds, les collectivités doivent présenter des projets structurés et déposer des demandes de subventions en bonne et due forme, et dans le temps imparti, sachant que les 200 millions sont attachés au projet de loi de finances 2025. Or, nous savons par expérience que ces démarches prennent du temps. Nous avons déjà connu ce problème avec les contrats de développement, où une partie des fonds disponibles n’a pas pu être mobilisée faute de dossiers prêts.
LVDC : La situation financière de la CAFAT, qui risquait d’être à court de financements pour le chômage notamment, est-elle stabilisée ?
M.D : Non, pas encore. L’État a indiqué que le prêt d’un milliard d’euros (119 milliards de francs) consenti à la Nouvelle-Calédonie devait servir en particulier au maintien à flot des comptes sociaux. Pour autant, nous sommes en phase de réflexion approfondie sur les différents organismes de protection sociale, que ce soit la retraite, le chômage, la santé. Et il va falloir mener des réformes importantes, sur l’évolution des prestations sociales, mais aussi leur financement. La question qui se pose, c’est comment à terme, parvenir à un modèle de financement qui soit viable pour nos prestations sociales. Et dans la situation actuelle, l’équation est particulièrement ardue.
LVDC : Les assurances ont-elles avancé sur les indemnisations des entreprises sinistrées ?
M.D : Environ 75% des dossiers ont été traités. Mais ces 75 % représentaient 25 % des indemnisations, grosso modo. Or les 25 % qui restent, c’est 75 % du montant d’indemnisation. Donc, on est dans le dur des négociations au cas par cas. Bercy a mis en place un intervenant, d’ailleurs, pour faire le lien avec les compagnies d’assurance au niveau national pour essayer de déverrouiller les dossiers les plus sensibles. Les choses ont progressé. Les expertises ont bien avancé. Pour autant, quelques dossiers sont encore loin d’être réglés.
LVDC : Le fonds de garantie anti-émeutes annoncé par l’État sera-t-il mis en place rapidement ?
M.D : Ce fonds n’aboutira pas cette année, parce qu’il sera intégré au projet de loi de finances 2026. L’État y travaille. Je serai en rendez-vous à Bercy la semaine prochaine (cette semaine) pour évoquer ce sujet. Le principal objectif, c’est de mettre en place ce fonds et de permettre à terme une réassurance sur le sujet de la garantie. Aujourd’hui, dans certaines zones, des entreprises ne peuvent pas reprendre leur activité par défaut d’assurance, tout simplement. À Ducos, par exemple, où il est extrêmement compliqué de s’assurer.
LVDC : Quels sont les grands chantiers au Medef cette année ?
M.D : Nous sommes encore en train de travailler sur la sortie du chômage partiel et le remplacement de ce dispositif par un dispositif transitoire. Nous souhaitons le faire évoluer vers quelque chose qui impose un minimum d’heures dans l’entreprise. Il n’y aura plus de chômage partiel à temps complet, car cela s’arrête. Mais on va essayer de conserver quelque chose qui, sur une base de temps partiel, permette de conserver les salariés dans l’emploi. Et le deuxième volet, c’est comment créer les solutions pour réembaucher au plus vite. Nous demandons notamment l’exonération des charges patronales sur les nouveaux emplois créés pendant une durée de 6 à 12 mois, de façon à réamorcer le plus vite possible la pompe de l’emploi. Une autre de nos demandes, c’est d’avoir un organisme de placement et de suivi des chômeurs qui soit centralisé au niveau du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, avec des moyens conséquents, parce qu’il faut pouvoir suivre les demandeurs d’emploi, pouvoir aussi s’assurer que s’ils refusent un emploi, des décisions soient prises, notamment par exemple l’arrêt des prestations chômage. Et pour ça, il faut un service, maintenant, qui soit adapté. Il y avait 2 500 chômeurs avant en Nouvelle-Calédonie. Maintenant, ils sont 6 500 ou 7 000. Donc on ne peut plus du tout travailler pareil. C’est un autre sujet qui est important pour nous.
LVDC : La réforme fiscale reste également un sujet central pour vous ?
M.D : Oui, cela fait trois ans qu’on la réclame. Mais là, les circonstances l’imposent, parce que le travail ne peut plus faire le poids dans le financement de nos régimes sociaux. Et donc il va falloir que tout le monde contribue un peu. Donc il faut absolument faire cette réforme fiscale qui permette de « transitionner » une partie de nos prestations sociales vers l’impôt, avec des bases plus larges et des taux réduits. Il nous semble complètement indispensable de le faire. Cette transition, nous devons en discuter. Le gouvernement veut organiser un grand colloque fiscal au mois d’avril auquel nous participerons. L’idée, c’est maintenant de réévaluer nos options pour voir comment on peut modifier les assiettes et les taux d’impôt pour essayer d’avancer.
LVDC : Le gouvernement a assuré qu’il n’augmenterait pas la pression fiscale pour les Calédoniens. Cela pourrait-il contrarier vos plans ?
M.D : Nous étions un peu inquiets, car dans le discours de politique générale, il avait été annoncé que la fiscalité, on n’y toucherait pas. Pour nous, c’était au contraire très important de travailler sur la fiscalité le plus tôt possible. Aujourd’hui, Christopher Gygès (membre du gouvernement en charge de l’économie et de la fiscalité, ndlr) a annoncé la tenue de ce séminaire qui nous semble aller dans le bon sens. Nous sommes très volontaires pour y participer. L’idée, c’est de voir comment on va re-répartir la pression fiscale. Nous sommes d’accord sur le fait qu’il ne faut pas l’augmenter, mais la répartir différemment de façon à relibérer de l’énergie sur le secteur marchand et sur le travail. Cela passe par la baisse des prélèvements obligatoires, qui est notre cheval de bataille. Il faut trouver un terrain d’entente pour pouvoir élargir l’assiette. Ce sont des équilibres à trouver. Et la baisse des prélèvements obligatoires, c’est aussi une revalorisation des salaires à la clé. Tout le dispositif fonctionne autour de cela. Il faut maintenant trouver où placer les bons curseurs de façon à ce que la contribution soit soutenable au maximum.
LVDC : Vous êtes présidente du Medef depuis quatre ans. Envisagez-vous de vous représenter ?
M.D : Les prochaines élections auront lieu le 5 juin. On s’est donné un peu de temps pour annoncer les candidatures. Elles devraient être officielles entre mi-avril et mi-mai.
LVDC : On entend dire que vous auriez des projets politiques. Qu’en est-il ?
M.D : Il se pose déjà la question des élections au Medef. Donc non, je n’ai pas de projet politique. On ne peut pas mener plusieurs projets de front. Et là, pour l’instant, la priorité, c’est la sauvegarde et la reconstruction économique. Et aujourd’hui, c’est à cela que je me consacre à 100 %.
LVDC : Concernant l’avenir institutionnel, la société civile est-elle associée aux discussions ?
M.D : Non, nous avons simplement reçu la synthèse du document, comme tous les Calédoniens. Nous avons été invités à y apporter une réponse. Après avoir étudié ce document, il nous semble qu’il se concentre principalement sur l’aspect politique, sans vraiment aborder les enjeux économiques et sociaux de la Nouvelle-Calédonie. Maintenant, nous trouvons qu’il est important de contribuer et de rappeler que notre futur modèle institutionnel doit prendre en compte les enjeux économiques et sociaux de la Nouvelle-Calédonie et de son fonctionnement, sous l’angle du coût de ces institutions, mais aussi de l’exercice des compétences elles-mêmes. Et puis enfin, sous l’angle de la cohérence des politiques publiques pour un territoire de 270 000 habitants. Compte tenu de cette taille, doit-on avoir une politique économique unique pour la Nouvelle-Calédonie ? Ou trois, voire quatre ?
LVDC : Quel est le positionnement du Medef sur cette question de l’enchevêtrement des compétences ?
M.D : Nous avons exprimé, dans le rapport NC ECO, notre souhait de limiter les compétences à une par institution. C’est important que le développement économique, notamment des filières d’avenir, que ce soit le nickel, le tourisme, l’agriculture, la transition énergétique, soit appréhendé à l’échelon territorial. À cela s’ajoute le coût des institutions qui doit aussi faire partie des discussions. Quant au transfert des compétences régaliennes évoqué dans le document, on s’interroge sur la capacité de la Nouvelle-Calédonie à les financer, alors qu’elle ne finance déjà pas celles transférées. D’autant que ce sont les contribuables calédoniens qui vont payer, à un moment où le pays est à terre. Et donc se pose sincèrement la question de ce modèle-là. Nous faisons des comparaisons avec la Polynésie, dont le modèle institutionnel est plus simple et moins coûteux. Le budget de la Polynésie est complètement différent de celui de la Nouvelle-Calédonie. Il serait peut-être utile de tracer des parallèles entre nos deux territoires pour voir comment on pourrait s’inspirer des bonnes pratiques qu’on peut trouver par ailleurs.
LVDC : Êtes-vous confiante sur le redressement de l’économie et la capacité du territoire à attirer de nouveaux des investisseurs ?
M.D : J’ai évoqué plusieurs fois la Polynésie. Je pense que la Nouvelle-Calédonie a un potentiel vraiment important, que ce soit dans le tourisme, l’agriculture, le nickel, et même la transition énergétique… Nous avons la chance d’avoir les ressources, l’espace, un patrimoine, un potentiel touristique énorme et sous-exploité par rapport à nos voisins. Le problème, c’est qu’il nous faut une matrice pour permettre à tout cela de fonctionner. Alors évidemment, la mère de toutes les batailles, c’est la paix. C’est nécessaire, mais ce n’est pas suffisant. Si on réforme correctement notre système et qu’on s’engage résolument dans le développement de ces filières, on a un vrai potentiel, y compris dans le nickel.
LVDC : Même dans la métallurgie, dont l’avenir semble bien sombre ?
M.D : Comme tout le monde, je suis un peu plus inquiète sur la métallurgie. Mais pour autant, nous avons des sites industriels qui existent, qui tournent, dont on sait que des pistes pourraient les rendre plus compétitifs, notamment via le coût de l’énergie qui a été identifié comme un levier majeur. Donc je pense que c’est encore possible. Ce n’est pas simple. Mais en tout état de cause, la Nouvelle-Calédonie a du potentiel dans ces domaines, et c’est ce qui me donne foi dans l’avenir. Mais comme tous les chefs d’entreprise, je suis très attentive aux règles du jeu. Quand nous saurons exactement quel est le cadre et s’il est stable, nous nous adapterons. Mais c’est important que nous ayons de la visibilité.
Propos recueillis par Béryl Ziegler
La Voix du Caillou - 31/03/2025 - "Accueillir plus de stagiaires c'est aussi notre affaire!" Campagne MEDEF national déclinée sur les territoires
Comment relancer le marché de l'emploi en Nouvelle-Calédonie ? Les Jeudis de l'économie sur RRB - 28/03/2025
Le marché de l’emploi est bouleversé en Calédonie, et la situation s’est gravement dégradée après les émeutes insurrectionnelles. Quels dispositifs sont mis en place pour relancer le marché de l’emploi ? Où en est la question de la prise en charge des différents régimes de chômage ?
Jean-François Bodin fait le point dans les Jeudis de l’Economie. Il reçoit notamment Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge de l’emploi, Tony Dupré, le vice-président de la Cogetra, et Julien Barras, président de la commission emploi-formation du Medef.
Replay : https://youtu.be/7Ze2s25pn6Q?feature=shared
Débat TV NC La 1ère 20/03/2025 MEDEF-NC / La Fédé
Emission TV Accords et Désaccords - NC La 1ère 20/03/2025. La Présidente du MEDEF-NC Mimsy DALY, face à Steeves Teriitehau, Président de la Fédération des fonctionnaires.
Accords et désaccords - les replays et vidéos en streaming - Nouvelle-Calédonie La 1ère
Jeudi de l'économie 20/03/2025 - Situation du Commerce en Nouvelle-Calédonie
Comment le secteur du commerce réagit-il à la crise actuelle ? Lui aussi a été fortement victime des émeutes et nous dressons un état des lieux dans les Jeudis de l’Economie Radio Rythme bleu à midi. Jean-François Bodin reçoit notamment Ronan Daly, le président du syndicat des commerçants, Laurent Jeandot, président de l’association des concessionnaires automobiles et Isabelle Coupey, la directrice générale adjointe de la CCI.
LOGEMENT SOCIAL - Partenariat FSH avec la Banque des Territoires
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Le FSH et la Banque des territoires s’associent pour financer le logement social | Les Nouvelles Calédoniennes 12/03/2025
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Un partenariat pour aider les bailleurs sociaux | CALEDONIA 12/03/2025
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Sauvez le logement social
La Voix du Caillou 12/03/2025
Hier après-midi, le FSH (Fonds social de l’habitat) et la banque des Territoires ont conclu un nouveau partenariat. Karl Ulm, président du Conseil d’Administration du FSH, le vice-président Alexandre Lafleur, mandataire MEDEF-NC et Hervé Tonnaire, directeur des Outre-mer et directeur régional du Pacifique de la Banque des Territoires (Caisse des dépôts et Consignation), ont signé la prolongation d’un dispositif destiné à soutenir le logement social et les bailleurs sociaux. Le problème se pose en effet de savoir si le logement social (15 000 logements) et les bailleurs sociaux pourront survivre à la crise née des émeutes du 13 mai. Ce partenariat, destiné à démultiplier l’action des bailleurs sociaux, a été conclu en 2020, mais le conseil d’administration du FSH a décidé de le proroger jusqu’au 31 décembre de cette année « au regard du contexte de crise sans précédent que traverse la Nouvelle-Calédonie ».
Outil innovant et unique
Le FSH va bonifier les prêts bancaires accordés aux bailleurs sociaux par la banque des Territoires à hauteur de 120 millions de francs et apporter un concours exceptionnel sous forme de subvention à la SIC et à la SEM Sud Habitat à hauteur de 400 millions. Ce soutien massif et innovant va permettre la construction de 200 logements et la réhabilitation ou rénovation de 2000 autres. Il est également prévu la destruction de bâtiments pour de la reconstruction.
Outre un soutien attendu par les bailleurs sociaux qui font face à un accroissement très nette du nombre d’impayés et de logements inoccupés, ce partenariat va également constituer un outil fort au service du BTP. "C’est un outil qui va permettre la relance, a souligné Alexandre Lafleur, dans un contexte où il n’y a plus de travaux." Pour sa part, Hervé Tonnaire a insisté sur le côté novateur et unique en France et en Outre-mer de ce dispositif, alors même que "le système du logement social est fragilisé », et que « ce secteur si important ne peut être confronté à des difficultés".
2025-02-26 TV NC La1ère l'invité du journal : Le Président du Syndicat des commerçants de NC.
Ronan DALY, fait un état de la situation du secteur Commerce au lendemain de la rentrée scolaire et en période de solde. L’interview met en lumière la situation préoccupante du commerce en Nouvelle-Calédonie. Le président du syndicat des commerçants confirme que la tendance est clairement baissière, une situation qui s'est aggravée depuis les émeutes. Il souligne que cette baisse d’activité était déjà perceptible avant, notamment depuis le début du processus référendaire en 2017, qui a entraîné un exode important de population.
Impact des événements récents
- Fermetures et destructions : Plus de 300 commerces ont été détruits ou vandalisés. Ce sont 206 établissements radiés de la carte en 2024 soit44% de plus qu'en 2023.
- Chômage en hausse : Le nombre de chômeurs a été multiplié par cinq.
- Importance du secteur : Le commerce représente le plus grand employeur du privé avec plus de 10 000 employés, contribue à 10% du PIB, et est le principal collecteur de TGC dont les recettes ont baissées de plus 20% pour le seul secteur commerce.
L’effet des soldes et de la baisse du pouvoir d'achat
- L’interviewé relativise l'impact des soldes, expliquant que, quelle que soit la date choisie, la tendance à la baisse se poursuit mois après mois. Il rappelle que les soldes permettent avant tout de générer de la trésorerie pour renouveler les collections, mais que cette année, elles n'ont pas l'effet escompté.
Le problème central : le départ des habitants
- Depuis 2017, 30 000 personnes ont quitté la Nouvelle-Calédonie, dont 10 000 en 2024, ce qui représente une perte importante de consommateurs et de travailleurs.
- Cette situation a un impact direct sur l'économie locale, avec une consommation en berne et un manque de dynamisme commercial.
Attentes des négociations politiques
- Le président du syndicat regrette le manque d’avancées depuis le troisième référendum.
- Il souligne l'importance des rencontres politiques en cours, mais exprime un certain scepticisme quant aux résultats.
- Il observe que les Calédoniens sont dans l’attente, voire dans la résignation, face à l’absence de solutions concrètes.
L'interview se conclut sur cette note d'incertitude quant à l’avenir économique et politique du territoire.
Le Ministre des Outre-Mer Valls rencontre les chefs d'entreprises en Nouvelle-Calédonie 23/02/2025 et les acteurs sociaux économiques le 24/02/2025
« L’État est là pour la Nouvelle-Calédonie » a indiqué le ministre Manuel Valls au monde économique qui n’a pas été surpris par la teneur des annonces. (...)
Le ministre des Outre-mer, Manuel Valls, a rencontré lundi soir au Haut-commissariat les acteurs économiques. Le point sur ses principales annonces.
« Il ne peut y avoir de relèvement économique sans accord politique, mais il ne peut y avoir d’accord politique durable sans relèvement de l’économie », a rappelé Manuel Valls aux représentants du patronat et du salariat, avant d’égrener les mesures promises depuis son arrivée.
Prolongation du chômage partiel
Le ministre a confirmé la prolongation du dispositif de chômage partiel spécifique jusqu’au 30 juin 2025. C’est le prêt garanti par l’État qui financera ce dispositif dont l’arrêt était prévu fin mars. Son extension vise à « éviter la casse économique et sociale » et à offrir le temps nécessaire pour réformer le régime de chômage de droit commun. Toutefois, cette prolongation s’accompagnera d’une nouvelle dégressivité de l’indemnisation à partir de fin mars. Initialement fixé à 70 % de la rémunération horaire brute, le taux d’indemnisation du chômage partiel spécifique avait déjà été réduit à 50 % à partir de janvier 2025, avec un plafond de rémunération abaissé de 2,5 à 2 fois le salaire minimum garanti (SMG).
Feu vert pour la reconstruction
Manuel Valls a déclaré que les crédits dédiés à la reconstruction sont « désormais disponibles », ce qui va permettre le démarrage immédiat des travaux. « Ce sont donc 56 bâtiments dont la reconstruction va pouvoir commencer, dont 16 écoles », a-t-il précisé. La prise en charge financière sera de 100 % pour les établissements scolaires et de 80 % pour les autres bâtiments publics. L’Etat consentira des avances de 30 %, qui pourront être portées, au cas par cas, à 50 % « si la situation de la collectivité le justifie », a-t-il précisé.
Dernier carat pour les aides
Le fonds de solidarité avait été mis en place le 6 juin pour les entreprises affectées par les émeutes. Une enveloppe additionnelle de 1,8 milliards de francs sera mobilisée afin de traiter les dossiers en attente, qui seront instruits « sans délai », sachant que le guichet dédié ferme au 28 février, a prévenu le ministre. En revanche, une nouvelle enveloppe de 3,4 milliards de francs est disponible pour soutenir les entreprises dans le cadre des prêts garantis par l’Etat (SOGEFOM). Le dispositif sera ajusté en fonction des besoins des banques et des entreprises face à l’évolution économique. Manuel Valls a aussi promis un ajustement de l’aide fiscale à la réhabilitation des locaux endommagés par les émeutes, jugée inadaptée par le monde économique.
Coup de pression sur les assurances
Le ministre a insisté sur la nécessité d’accélérer les indemnisations des assurances. Objet de satisfaction pour les acteurs économiques: un médiateur État va accompagner les entreprises qui n’auraient pas encore obtenu leurs indemnisations ou qui feraient face à des blocages. Autre initiative saluée par le monde économique : un mécanisme public de réassurance du risque émeutes au niveau national est à l’étude. « Ce travail devra aboutir pour la loi de finances pour 2026. Et nous resterons très vigilants d’ici là aux pratiques des assureurs », a insisité Manuel Valls.
60 milliards de francs en poche « sans délai »
Les modalités de versement du prêt de l’Etat de 120 milliards de francs ont été précisées. Ainsi, une première tranche de près de 60 milliards sera débloquée avant fin mars pour rembourser les avances et couvrir les besoins de trésorerie urgents, notamment liés au chômage. La seconde tranche, promise avant juillet, sera conditionnée à des réformes structurelles, notamment dans les domaines de la protection sociale, du logement social, de la fiscalité, de la réduction des dépenses publiques et de la compétitivité. Des réformes qui promettent d’être difficilement conciliables avec la volonté affichée par le 18e gouvernement de ne pas accroître la pression fiscale sur les Calédoniens.
Plan nickel, le retour
Le ministre a également rappelé que la Nouvelle-Calédonie possède un potentiel de taille, en particulier dans le secteur du nickel, qu’il considère comme une ressource stratégique pour la France et l’Europe. Il a ainsi suggéré l’élaboration d’un nouveau « Plan de transformation de la filière nickel ». Celui-ci repose sur trois axes principaux : dynamiser le secteur minier en augmentant les exportations et en réduisant les freins à l’exploitation minière ; réaliser une transition énergétique ambitieuse pour restaurer la compétitivité de la métallurgie, avec le développement du solaire, de la STEP de la Tontouta, des centrales à gaz, des grandes batteries ; et mieux connecter la filière nickel calédonienne aux besoins stratégiques des industries européennes. Pas très loin du « pacte nickel »…
Mimsy Daly, la présidente du Medef
« Nous lui avions adressé des demandes de précision et de clarification sur un certain nombre de sujets. Hier soir, le ministre a répondu point par point à l’ensemble de ces questions. Donc oui, satisfaits de voir l’État se remobiliser sur le dossier économique calédonien. Nous attendons maintenant la mise en œuvre d’une méthode de contrôle du respect de ces engagements. Aujourd’hui, nous avons besoin de suivre les calendriers d’exécution, notamment sur le lancement des chantiers publics, et la mise en œuvre concrète des engagements qui ont été pris. Donc le travail continue avec la mission interministérielle, pour avoir des méthodes de travail qui nous garantissent de voir les choses se concrétiser vraiment sur le terrain, parce que c’est un peu ce qui manque actuellement. »
Si les partenaires sociaux présents lundi soir au haut-commissariat reconnaissent la prise en compte de plusieurs demandes par le ministre, comme la prolongation du chômage partiel, des craintes demeurent concernant le sujet des assurances, les prêts garantis ainsi que les incitations fiscales à la reconstruction.
Manuel Valls a dressé "un point de situation intéressant", reconnaît Xavier Benoist, président de la Fédération des entreprises et industries (FEINC), et "nous avons pu exprimer certaines choses" au ministre des Outre-mer. Mais, globalement, il reste encore "beaucoup de travail à mener".
L'annonce "concrète", estime Xavier Benoist, c'est le versement de 1,8 milliard de francs en plus destinés à l'aide au cas par cas des entreprises. Environ 150 structures seraient concernées, selon lui.
En demi-teinte
Bien sûr, la reconduction du dispositif de chômage partiel exactions jusqu'au 30 juin fait partie des bonnes nouvelles. Mais, ce n'est pas si simple que ça, estime Christophe Coulson, président de l'UT-CFE-CGC. "Le financement doit être pris sur le prêt garanti par l'État, ce qui va venir grever l'enveloppe. En plus, il va être dégressif, alors qu'il est déjà passé de 70 % à 50 % du salaire (limité à 2 SMG)." Les trois mois à venir doivent notamment permettre de réformer le chômage de droit commun. Les partenaires sociaux et le gouvernement doivent se pencher sur la question.
Au niveau des assurances aussi, pour Xavier Benoist, la réponse est en demi-teinte. Car si une réflexion est en cours afin d'instaurer un mécanisme public de réassurance du risque émeute au niveau national pour 2026, "il y a un gros trou dans la raquette, ce n'est pas encore réglé cette année". Idem pour la reconstruction des bâtiments publics. Si Manuel Valls annonce leur "lancement immédiat", un chantier nécessite du temps pour se mettre en place. "Les bureaux d'études n'ont pas encore été sollicités", précise le directeur général de Bluescope.
"On veut voir le concret"
Surtout, toutes les questions n'ont pas trouvé leur réponse. Les critères des prêts garantis par la Sogefom (un fonds de garantie qui apporte des garanties partielles à des prêts que les banques accordent aux TPE et PME) ne correspondent pas aux besoins. "La maturité des prêts n'est pas assez longue, il faudrait plus que les 10 ans proposés. Leur montant est plafonné, ce qui ne correspond pas aux besoins pour la reconstruction, et les taux sont bien trop élevés, entre 6 et 8 %", liste Xavier Benoist.
Christophe Coulson, à la tête de l'UT-CFE-CGC, partage un sentiment mitigé. Le syndicaliste admet que l'État pose des éléments sur la table, mais s'inquiète de sa rapidité à passer à l'action. Notamment pour verser les sommes destinées à la reconstruction des établissements publics. Il y a "beaucoup d'effets d'annonces, mais on veut voir le concret".
Et puis, la deuxième tranche du prêt garanti par l'État de 120 milliards de francs dépend de réformes que doit mener le gouvernement et donc de textes à voter au Congrès. "Si les élus ne répondent pas à la commande, ce qu'il s'est passé avec la TGC, on sait que l'État ne va pas avaler la pilule."
Éviter l'effondrement
Christophe Coulson se montre profondément préoccupé par les mois à venir. "Nous assistons tous les jours à des licenciements économiques, l'Adecal, Aircal... Et puis, ceux qui ont été licenciés en juin et sont au chômage total arrivent à la fin de leurs droits. Il n'y a plus rien pour eux. Socialement, nous allons vivre les conséquences de 2024. Cette année sera pire."
C'est justement maintenant que cela se joue, insiste David Guyenne, président de la Chambre de commerce et d'industrie (CCI). Nous sommes à "un moment de bascule", où il est nécessaire de "changer de braquet". Il est temps, désormais, de sortir du discours "autour de la peur, des émeutes, de la survie, de la faillite", au risque "d'un effondrement systémique de l'économie calédonienne". "Il y a de bonnes intentions", mais David Guyenne milite pour la mise en place d'outils dédiés à la reconstruction, notamment ceux de la défiscalisation et la modification des modalités des prêts Sogefom, pour "accompagner ce changement".
Entrepreneurs : le moral au plus bas, selon une étude de la CCI
David Guyenne évoque une étude menée par Quid Novi pour le compte de la Chambre de commerce et d'industrie sur 550 entreprises - certaines détruites et d’autres non -, dont les résultats doivent être rendus public dans les prochains jours. Le document révèle plusieurs enseignements, commente le président de la CCI. Tout d’abord, "la baisse du moral et de la confiance des entrepreneurs, qui retrouve un niveau proche de celui de l’après 13 mai". "Aujourd’hui, 15 % seulement des entreprises détruites déclarent vouloir reconstruire contre + de 50 % en octobre et 80 % fin mai - début juin", cite David Guyenne, ce qui représente une forte dégradation.
Un tissu économique déstabilisé
Parmi les autres enseignements de l’étude, il ressort un sentiment d’injustice des patentés et des entreprises individuelles, qui ne bénéficient plus d'aucune aide. Les structures se retrouvent dans des situations très compliquées, avec des trésoreries dans le rouge. "Les patentés et les très petites entreprises sont en mode survie." Une part plus importante de travail non déclaré est également observée, "ce qui déstabilise le tissu économique et rend plus compliquée la reprise. Il y a une réelle crainte qu’il se dégrade".
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Aides fiscales, filière nickel, prêts : ce qu'il faut retenir des annonces économiques de Manuel Valls NC La 1ère 25/02/2025
Chômage partiel, aides aux entreprises, assurances, reconstruction de bâtiments publics, prêt - en partie conditionnée - de 120 milliards, transformation de la filière nickel : devant les acteurs économiques, lundi 24 février, Manuel Valls, le ministre des Outre-mer, a détaillé les annonces qu’il promet depuis son arrivée.
“Il ne peut y avoir de relèvement économique sans accord politique, mais il ne peut y avoir d’accord politique durable sans relèvement de l’économie”, a martelé Manuel Valls, le ministre des Outre-mer, aux acteurs économiques, lundi 24 février. Il les avait réunis au Haussariat pour préciser les annonces promises dès son arrivée en Nouvelle-Calédonie.
Représentants du patronat, des syndicats de salariés, des chambres consulaires et chefs d’entreprise sont ressortis plutôt satisfaits mais prudents.
Le chômage partiel prolongé mais...
Manuel Valls l’avait annoncé dimanche soir lors de l’entretien exclusif accordé à NC la 1ère : le soutien de l’État au financement du chômage partiel spécial émeutes est prolongé jusqu’au 30 juin. Mais il connaîtra “une nouvelle étape de dégressivité” à partir du 31 mars. Le 31 décembre, son taux était passé de 70% à 50% du salaire et le plafond avait été ramené à deux fois le montant du salaire minimum garanti.
Le ministre n’a pas donné les modalités qui seront appliquées à partir du 31 mars. Mais il a répété les objectifs : “éviter la casse économique et sociale” en permettant “aux partenaires sociaux et au gouvernement de finaliser les négociations pour réformer le régime de chômage de droit commun.” Les fonds viendront du prêt de 120 milliards de francs accordé au gouvernement.
Le fonds de solidarité aux entreprises abondé puis fermé
Le fonds de solidarité mis en place par l’État dès le 6 juin, à destination des entreprises ayant subi une baisse de chiffre d’affaires de plus de 50%, du fait des violences, va être abondé d’1,8 milliard de francs “pour répondre à toutes les demandes, dans les mêmes conditions que les dossiers déjà traités. La commission se réunira sans délai pour les instruire.” Le guichet sera fermé le 28 février, prévient par ailleurs le ministre.
Garanties d’emprunt et aide fiscale restent d’actualité
En revanche, le dispositif de prêts garantis par l’État destiné aux entreprises est maintenu. Une nouvelle enveloppe de 3,5 milliards de francs a été prévue dans le budget 2025. “Nous sommes à l’écoute des banques et des entreprises pour adapter, si nécessaire, les produits”, assure Manuel Valls.
Il a également promis une réforme de l'aide fiscale à la réhabilitation des locaux endommagés, jugée inadéquate par les acteurs économiques.
Vers un risque émeutes sur le modèle de la catastrophe naturelle ?
Des entrepreneurs d’Outre-mer demandaient la création d'un dispositif d'indemnisation du risque d'émeutes sur le même modèle que le dispositif "catastrophe naturelle". “Un travail a été lancé”, indique Manuel Valls. "Il devra aboutir pour la loi de finances 2026.”
J’attends des assureurs qu’ils soient à la hauteur de leurs responsabilités. Manuel Valls
En parallèle, des négociations se poursuivent sur la garantie perte d’exploitation : l’État aimerait que les assureurs assouplissent le délai de reprise d’activité, en général fixé à un an, qui conditionne le versement de l’indemnité totale.
Une chose est en tout cas actée : la mise en place d’une médiation pour aider les entrepreneurs à faire avancer leurs dossiers.
Des conditions au versement d'une moitié du prêt de 120 milliards
Le ministre des Outre-mer avait aussi des annonces économiques pour les collectivités. Concernant les modalités de versement du prêt de 120 milliards de francs à la Nouvelle-Calédonie, “un premier décaissement aura lieu avant la fin du mois de mars, pour rembourser les avances et couvrir les besoins de trésorerie les plus urgents, notamment pour la prise en charge du chômage”, certifie-t-il.
La deuxième moitié du prêt est, elle, promise avant juillet. Mais, sans réelle surprise et malgré les protestations d’une partie des élus calédoniens, “elle devra être accompagnée de réformes, sur lesquels un dialogue exigeant et constructif doit se poursuivre avec le gouvernement”, indique Manuel Valls. Les priorités : la réforme de la protection sociale et du logement social, une réforme fiscale efficace, la baisse des dépenses publiques et des réformes économiques “pour augmenter la concurrence et favoriser la compétitivité”, fixe le ministre.
Des efforts devront être faits, car nous sommes aussi redevables devant les Français de ce soutien financier apporté à la Nouvelle-Calédonie par la communauté nationale. Manuel Valls
Ces réformes, Alcide Ponga, le président du gouvernement de la Nouvelle-Calédonie, les a évoquées dans son discours de politique générale. Mais il a promis de ne pas augmenter la fiscalité, un souhait partagé par une majorité au Congrès. Alors, comment faire ? Les prochaines semaines promettent de nouveaux débats animés.
Reconstruction des bâtiments publics : des prises en charge à 100%
Le ministre des Outre-mer l’a rappelé dimanche : 24 milliards de francs d’aides à la reconstruction de bâtiments publics ont été votés dans le budget de l’État. 56 bâtiments ont d’ores et déjà été identifiés, dont 16 écoles. “La reconstruction des bâtiments scolaires sera prise en charge à 100%. Pour les autres bâtiments publics, ce taux de prise en charge sera de 80%. L’État consentira des avances de 30%, qui pourront être portées, au cas par cas, à 50% si la situation de la collectivité le justifie”, a-t-il détaillé.
L’État s’engage par ailleurs à financer certaines opérations qui étaient prévues dans le cadre du contrat de développement 2017-2023 et qui n’ont pas pu aboutir à cause des évènements de mai 2024. Celles dont l’avancement était de 70% avant les émeutes.
Un nouveau "plan de transformation de la filière nickel"
Parce que le nickel “est une ressource stratégique pour la Nouvelle-Calédonie, mais aussi une ressource stratégique pour la France et pour l’Europe, je suis déterminé à poursuivre résolument la coopération entre l’État et la Nouvelle-Calédonie pour le développement de la filière", a assuré Manuel Valls. “Mais il faudra changer de modèle”, comme ses prédécesseurs l’avaient exigé.
La Nouvelle-Calédonie a un potentiel incroyable. Elle a les moyens, avec l’État, de renouveler son modèle économique pour renouer avec une croissance durable. Manuel Valls
Pas question de ressortir le pacte nickel, qui n’a jamais pu être adopté. D’autant que “le contexte a changé”. Mais “il devra reposer sur les trois mêmes principes, qui demeurent plus que jamais valables”, assume-t-il. La transition énergétique et la réorientation de la production vers les besoins stratégiques des industries européennes, qui faisaient plutôt consensus, figurent parmi les priorités. Avec l’augmentation des exportations et de l’exploitation minière, qui elle, suscite des oppositions.
Au-delà du nickel, il a été question de l'agriculture, de la pêche, du tourisme et d'économie sociale et solidaire, autres filières jugées "stratégiques" par l'Etat.
La deuxième tranche du prêt doit intervenir avant l’été (hexagonal, NDLR), mais en contrepartie de réformes, évoquées depuis des années, et pas des moindres. Le ministre a listé les priorités, déjà bien connues : la protection sociale, santé, retraite, et logement social ; la fiscalité ; la baisse des dépenses publiques, ainsi que des mesures pour favoriser la concurrence et la compétitivité. Manuel Valls a été clair sur le sujet : "Nous devons aboutir, avec le gouvernement d’Alcide Ponga, à des engagements clairs sur ces réformes. Des efforts devront être faits, car nous sommes aussi redevables devant les Français de ce soutien financier apporté à la Nouvelle-Calédonie par la communauté nationale."
Après s’être entretenu avec les formations politiques lundi 24 février jusque dans la soirée, Manuel Valls avait rendez-vous avec des représentants du monde économique au haut-commissariat. Il a confirmé la prolongation du chômage partiel et le "lancement immédiat" de la reconstruction des bâtiments publics. "L’état doit poursuivre son soutien à la Nouvelle-Calédonie", a assuré le ministre.
Face aux organisations patronales et syndicales, entre autres, le ministre des Outre-mer a voulu montrer l’importance qu’il accorde à l’économie, après avoir rencontré les acteurs une première fois à Paris lors d’un Forum sur le sujet le 8 février. "Il ne peut y avoir de relèvement économique sans accord politique, mais il ne peut y avoir d’accord politique durable sans relèvement de l’économie." Manuel Valls estime donc que "l’État doit résolument poursuivre son soutien à la Nouvelle-Calédonie pour surmonter cette crise".
Le chômage partiel prolongé jusqu’au 30 juin, mais réduit
Dans son discours, lundi, le locataire de la rue Oudinot a annoncé huit mesures, dont le contenu était cependant déjà majoritairement connu. Rappelant l’enjeu de l’urgence, c’est-à-dire "sortir du marasme économique", avec près de 240 milliards de francs de dégâts, plus de 10 000 emplois détruits et près de 15 000 Calédoniens encore au chômage 9 mois après la crise, Manuel Valls a tout d’abord confirmé, comme déclaré dimanche soir dans une interview sur NC La 1ère, la prolongation du chômage partiel jusqu’au 30 juin. "Un délai nécessaire pour éviter la casse économique et sociale", a-t-il expliqué, qui doit également permettre aux partenaires sociaux et au gouvernement de finaliser les négociations pour réformer, avant cette échéance, le régime de chômage de droit commun.
Mais l’indemnité sera moins élevée, sachant qu’elle avait déjà été abaissée en janvier, passant de 70 à 50 % du salaire. "La prise en charge du chômage partiel connaîtra ainsi une nouvelle étape de dégressivité, pour la période du 31 mars au 30 juin, afin de réaliser une transition ordonnée avec le nouveau système." La mesure sera financée via le prêt garanti par l’État de 120 milliards.
56 bâtiments à reconstruire dont 16 écoles
Autre annonce : le "lancement immédiat" de la reconstruction des bâtiments publics. Une enveloppe de 24 milliards de francs (200 millions d’euros) y est dédiée. Et 56 bâtiments, dont 16 écoles, sont concernés. Pour l’instant. "Cette liste pourra encore être complétée par la suite si nécessaire", a indiqué le ministre. La prise en charge s’élève à 100 % pour les établissements scolaires. La reconstruction des collèges de Kaméré, Boulari, Auteuil, ou encore la démolition de celui de Rivière-Salée est prévue sur le Grand Nouméa. Pour les autres bâtiments, la prise en charge prévue est de 70 %.
1,8 milliard de plus pour les entreprises
Concernant l’aide aux entreprises, de nombreux dossiers déposés pour une demande d’aide au cas par cas n’ont toujours pas été étudiés. Une somme d’1,8 milliard (15 millions d’euros) supplémentaires sera mobilisée pour y répondre. La commission doit se réunir rapidement afin d’instruire ces dossiers, alors que le guichet ferme le 28 février.
Un mécanisme public de réassurance du risque émeute ?
Le sujet des assurances, hautement sensible et "essentiel", a précisé Manuel Valls, est en discussion. Le ministre a informé de "la mise en place d’une médiation, assurée par la Mission Nouvelle-Calédonie", pour aider les entrepreneurs calédoniens à faire avancer leurs dossiers bloqués auprès des assureurs. L’État attend aussi des assurances qu’elles étendent le délai réglementaire d’un an dont disposent normalement les entreprises pour reprendre leur activité après un sinistre. Un travail est également en cours afin d’instaurer un mécanisme public de réassurance du risque émeute au niveau national. Cela devrait aboutir d’ici la loi de finances 2026.
Parmi les autres points évoqués : la prise en charge des opérations inscrites au titre du contrat de développement 2017-2023 qui n’ont pas pu aller à leur terme à cause des évènements de mai 2024 si elles avaient un niveau d’avancement de 70 % ; la poursuite et l’adaptation éventuelle des prêts garantis par l’état à travers la Sogefom (un fonds de garantie qui apporte des garanties partielles à des prêts que les banques accordent aux TPE et PME), sachant qu’une ligne de 3,5 milliards (29 millions d’euros) a été dégagée en loi de finances et pourra être mobilisée.
Une première tranche du prêt de 120 milliards prévue fin mars
Le locataire de la rue Oudinot a fait un point sur les conditions du versement du prêt garanti par l’État, voté dans le cadre de la loi de finances, de 120 milliards de francs. Une première tranche de près de 60 milliards de francs (500 millions d’euros) est censée être approuvée par le conseil d’administration de l’AFD (Agence française de développement) le 20 mars, avant un décaissement à la fin du mois de mars. Ce montant doit servir à "rembourser les avances et couvrir les besoins de trésorerie les plus urgents, notamment pour la prise en charge du chômage", a développé Manuel Valls.
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Réunion des acteurs économiques et sociaux avec le Ministre des Outre-Mer Valls le 24/02/2025
Le ministre des Outre-mer s'est notamment rendu à Moindou, Boulouparis et Bouraké.
Par Lionel Sabot, Léo Fichou 23 février 2025 à 19:03
C’est un vrai spectacle de désolation qu’a découvert Manuel Valls ce matin a Dumbéa.
Le ministre a été accueilli sur place par le Maire de la Commune Yoann Lecourieux, mais aussi par Mickael Dibe le directeur Général du centre commercial, la gérante d’un salon de coiffure qui était installée dans la galerie Marchande, également présent ce matin le président de la CCI, David Guyenne, des représentant du Medef-NC dont Laurent Vircondelet, la présidente de la Province Sud Sonia Backès et le sénateur Georges Naturel. Manuel Valls qui a tout d’abord pris le temps d’écouter en arrivant ce le site de Kenu-in.
À l’issue de cette visite sur le site du centre commerciale Kenu-In, Manuel Valls a mis le cap sur la brousse, afin de poursuivre cette première séquence tournée vers l’économique. Premier rendez-vous, sur le thème de l’agriculture, sur la propriété́ de Ghislain Santacorsse à Moindou. Le Ministre des outre-mer y a été accueilli par le Maire de la commune Jo Perronet qui a notamment évoqué avec le ministre la politique de l’Eau.
Jo Perronet qui était accompagné par ces collègue de La Foa, Florence Rolland et de Boulouparis, Pascal Vittori. Lors de cette premier séquence, Manuel Valls a longuement échangé avec plusieurs agriculteurs, parmi eux Franck Souris-Lavergne, agriculteur à La Foa et élu à la Chambre de l'Agriculture et de la Pêche.
Le ministre des outre-mer s'est ensuite rendu à Boulouparis, avec une séquence dont la thématique était la transition énergétique. Manuel Valls était sur le site de la centrale photovoltaïque Hélio Boulouparis, l’une des plus grandes centrales solaires de France et même d’Europe. Un lieu emblématique du savoir faire calédonien en terme de transition écologique a expliqué Amandine Miniana, responsable de Total Energie renouvelables pacifique.
Le Ministre des outre-mer a ensuite procédé, toujours sur le secteur de Bouraké avec Alcide Ponga, le président du gouvernement, Christopher Gygès Membre du gouvernement en charge notamment de la transition énergique, le député Nicolas Metzdorf, le maire de Boulouparis Pascal Vittori, la présidente du groupe Les Loyalistes au Congrès et les coutumiers à l’inauguration de la ferme Akuo, une ferme photovoltaïque et de batterie de stockage d’énergie.
Le ministre des outre-mer c’est ensuite rendu à la ferme aquacole Aigue Marine à Bouraké qui produit bien évidement des fameuses crevettes de Boulouparis.
Avant toutes ces séquences économiques, à Dumbéa puis à Moindou et à Boulouparis, Manuel Valls s'était rendu à la brigade de Gendarmerie de Saint-Michel. Brigade qui a été particulièrement sollicitée lors des émeutes insurrectionnelles du mois de mai. Une brigade qui a dû faire face à plusieurs attaques d’émeutiers. Lors d’une courte cérémonie dans l’intimité de de la cour de cette brigade qui jouxte le Lycée du Mont-Dore le ministre des Outre-mer a décoré cinq gendarmes et a salué une nouvelle fois l’engagement des forces de l’ordre lors des émeutes.
Manuel Valls ce matin a la brigade de Gendarmerie de Saint-Michel au Mont Dore, rappelons que le ministre des outre Mer s’était incliné hier devant la stèle rendant hommage au Gendarme Nicolas Molinari a la brigade de gendarmerie de Plum.
Le ministre des Outre-mer a lancé, hier, dans les allées du centre commercial de Dumbéa, intégralement détruit lors de la crise insurrectionnelle, le volet économique de sa visite. Des annonces pourraient être faites aujourd’hui.
En s’avançant dans la longue allée du centre commercial Kenu-In, encore dans son jus plusieurs mois après les exactions qui ont mis un terme à l’activité des différentes entreprises, Manuel Valls découvre «une zone de guerre». Les débris, intégralement brûlés, jonchent encore le sol. Une voiture trône également en plein milieu. Comme, quelques mètres plus loin, une sorte de tondeuse ou encore une armoire. Difficile, parfois, de mettre un mot sur ce qui se trouve pourtant sous nos yeux. L’intégralité du centre-commercial, créé il y a trente-cinq et devenu au fil du temps le poumon économique de la commune de Dumbéa, a été saccagé. Les dégâts se chiffrent à plus de 12 milliards de francs. Une somme colossale, qui dépasse même la couverture initialement prévue par le contrat d’assurance.
Certains professionnels ont tout perdu. Comme Jenny, qui tenait, ici, un salon de coiffure depuis vingt-cinq ans. «J’avais la clause émeutes, mais j’ai reçu un courrier comme quoi je n’étais pas assurée dans ce cas précis. Le salon est estimé à 52 millions quand même. Ce n’est peut-être pas grand-chose, mais pour moi, c’est beaucoup. Donc, sans les assurances, je ne peux pas reconstruire», alerte-t-elle face au ministre. Malheureusement, elle ne fait pas exception. Et comme de nombreux chefs d’entreprise, elle tente de survivre.
«Un concentré de toutes les problématiques»
Michael Dib, directeur général de Kenu-In, mais aussi Laurent Vircondelet, président de la Fédération du commerce, et David Guyenne, président de la Chambre de Commerce et d’Industrie, ont porté la voix de tous ces professionnels aujourd’hui au pied du mur. «Vous avez ici un concentré de toutes les problématiques actuelles et des défis futurs (…) Il faut qu’on se projette sur la reconstruction. Mais, pour la reconstruction, on a besoin de s’assurer que si demain il se passe encore des troubles, l’Etat sera à nos côtés, parce que les assurances ne le sont plus », a expliqué ce dernier, réclamant également «des incitations fiscales » et des «outils financiers, car ceux mis en place au début ne sont plus du tout adaptés ».
Des propos entendus par Manuel Valls. «Je suis venu dire toute ma détermination et celle de l’État à lutter et à anticiper tous les événements qui peuvent se produire. L’action de l’État est d’abord une action de sécurité, avec le travail de la justice qui nécessite du temps, et puis évidemment le soutien économique, c’est l’autre objet qui va démontrer notre engagement. Contrairement à ce que j’entends dire, la France ne laisse pas tomber la Nouvelle-Calédonie », a déclaré le ministre face à ses interlocuteurs.
«La France est là pour la reconstruction»
« Mon objectif, si j’y arrive, est de rassurer les Calédoniens, a-t-il poursuivi face aux médias. Bien sûr, il faut un accord politique. Ça, c’est la perspective et nous allons en discuter dans les prochains jours, parce que si l’avenir est incertain, il n’y a pas d’investissement possible et l’angoisse, la peur, la confrontation domineront. Je suis venu aussi leur dire que l’État est et sera toujours là pour les protéger. » Il a également appelé tous les acteurs, pointant notamment du doigt les assurances et les banques, à « jouer le jeu ». « Je suis très déterminé à ce que chacun assume pleinement ses responsabilités. Indemnisation, réassurance, accompagnement (…) Je suis attaché à ce que l’État, et donc le gouvernement, démontrent encore une fois que la France est là pour la reconstruction de la Nouvelle-Calédonie », a-t-il martelé.
Sous quelle forme ? Difficile de le savoir à l’heure actuelle, mais alors qu’une nouvelle rencontre avec le monde économique est programmée en fin de journée, Manuel Valls promet « un certain nombre d’annonces ». Et de conclure : « Je dirai aussi ce qu’il en est du chômage partiel, de la reconstruction des bâtiments publics et du soutien au monde économique. J’ai pris des engagements à Paris il y a quelques semaines, et ces engagements seront tenus. »
Le début de la déconstruction
Sur le parking du centre commercial, à quelques mètres seulement de Manuel Valls, plusieurs camions ont pris possession des lieux. Neuf mois après l’éclatement de la crise insurrectionnelle, Kenu-In va être intégralement détruit car « il n’y a rien à sauver » ici. Une cinquantaine de personnes travaillent dorénavant sur la destruction. Une étape, qui devrait durer entre trois et quatre mois selon les estimations des professionnels du secteur, primordiale avant une éventuelle reconstruction.
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Manuel Valls en Calédonie. Chômage partiel, réforme fiscale... : les acteurs du monde économique attendent des mesures concrètes NC La 1ère 23/02/2025
Le ministre des Outre-mer Manuel Valls est en Nouvelle-Calédonie à partir de ce samedi 22 février 2025. Une visite ministérielle de sept jours plus qu’attendue, par les acteurs du monde économique. Il y a urgence, car l’économie du pays est à terre. Et aucune reprise ne se fera, sans des actions fortes de l’État alertent les professionnels.
Une visite au pas de charge, pour le ministre des Outre-mer en Nouvelle-Calédonie. Elle débute ce samedi 22 février 2025. Un déplacement plus qu’attendu notamment, par les acteurs du monde économique. Et pour cause : l'économie calédonienne est à bout de souffle.
Prolongation du chômage partiel
Des mesures concrètes de l’État sont attendues. “Il faut maintenant que l’on clarifie le discours sur la question du chômage partiel. C’est un outil dont nous avons besoin. Il faut que les entreprises puissent garder le lien à l’emploi avec leurs salariés, dans l’attente d’une reprise”, assure Xavier Benoist, président de la Fédération des Entreprises et Industries de Nouvelle-Calédonie. “Il faut avoir une visibilité sur le long terme, au moins six mois, pour que les entrepreneurs puissent faire leurs arbitrages. Et puis, on a besoin d’un accompagnement technique de l’État, pour pouvoir engager une réforme fiscale”, poursuit le président de la FEINC.
Craintes quant aux assurances
Des attentes partagées par les autres partenaires du secteur. Après le forum économique entre Bercy et Nouméa, le 8 février dernier, tous espèrent une nouvelle réunion de travail à la hauteur des enjeux. Pourtant, certains points cruciaux suscitent déjà des inquiétudes. “On craint beaucoup que le sujet notamment des assurances et de la garantie émeutes et du risque politique soit un sujet de longue haleine, alors même que c’est un des freins majeurs à la reconstruction des entreprises détruites. Pour nous, ces questions là sont urgentes”, indique de son côté Mimsy Daly, présidente du MEDEF-NC.
Marchés publics réservés aux entreprises locales. Autre urgence pour les partenaires économiques : la question des chantiers publics. “L’État va financer la reconstruction des bâtiments publics et des écoles. Il faut absolument que par convention, il soit prévu, qu’une part de ces marchés soient réservés aux entreprises locales. Pour que cet argent reste en Nouvelle-Calédonie et bénéficie à l’ensemble du circuit économique”, explique Pierrick Chatel, secrétaire général de la CPME-NC. À l’occasion de la visite ministérielle, la CPME entend également défendre la mise en place d’un plan de soutien pour les très petites entreprises et les travailleurs indépendants. Ils constituent près de 90%, du tissu économique calédonien.
Vie chère : le gouvernement en quête de solutions auprès des acteurs économiques et sociaux | Les Nouvelles Calédoniennes 22/02/2025
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Se réunir pour le pouvoir d’achat et la vie chère - La Voix du Caillou - 22/02/2025 - Un séminaire pour mieux comprendre et agir sur la vie chère s’est tenu hier matin à la Station N, réunissant experts et acteurs économiques.
Hier matin, la Station N a accueilli un séminaire consacré au pouvoir d’achat des Calédoniens et à la structure des prix. Organisé par Christopher Gygès, membre du gouvernement chargé de l’économie, cet événement visait à établir un diagnostic précis sur l’évolution des prix en Nouvelle-Calédonie et à identifier des solutions concrètes pour lutter contre la vie chère. Un événement qui a pour objectif de « faire un constat partagé avec l’ensemble des acteurs économiques sur la question du pouvoir d’achat et des prix en Nouvelle-Calédonie. On a vraiment voulu, avec le gouvernement, prendre à bras-le-corps le sujet pour mettre en place des actions à la fois sur les salaires, sur les prix et sur l’ensemble des sujets liés à la vie chère», explique le membre du gouvernement. Ce séminaire était animé par Elise Desmazures, directrice de l’Institut de la statistique et des études économiques (Isee), John Trupit, directeur de la Direction des affaires économiques (DAE) et Stéphane Reterrer, président de l’Autorité de la concurrence (ACNC). Les acteurs économiques du territoire, ainsi que les représentants politiques étaient présents et ont pu poser des questions afin d’établir des thématiques à aborder dans de futures séances de travail. «L’idéal étant de proposer une stratégie de pouvoir d’achat / prix à la fin mars, début avril, qu’on pourrait proposer à la fois au gouvernement et au Congrès de la Nouvelle-Calédonie», annonce Christopher Gygès au début du séminaire.
Augmentation de l’indice des prix à la consommation
La question du pouvoir d’achat est cruciale pour les habitants du territoire. Depuis plusieurs années, l’inflation pèse lourdement sur les ménages, notamment en raison de la hausse des prix de l’alimentation et de l’énergie. L’Isee a mis en avant une augmentation continue de l’indice des prix à la consommation, accentuée par des événements récents tels que les émeutes ou des conditions climatiques défavorables. Les ménages les plus modestes sont particulièrement touchés, leur budget étant majoritairement consacré aux dépenses alimentaires. Entre 2013 et 2023, les salaires ont progressé de 9 %, alors que les prix ont augmenté de 10 %, entraînant une érosion progressive du pouvoir d’achat.
Lors du séminaire, les discussions ont permis d’établir un état des lieux de l’évolution des prix et des outils existants en matière de contrôle et d’observation. La direction des Affaires économiques du gouvernement a présenté les dispositifs mis en place comme le site internet prix.nc, «une plateforme qui permet aux consommateurs d’avoir un visuel sur les prix des produits dont il a besoin et de composer un panier de course et de le comparer », précise John Trupit. Un outil décliné en application mobile ainsi qu’en page Facebook.
Propositions de solution
Stéphane Reterrer, représentant l’Autorité de la concurrence, a présenté, de son côté, des pistes pour améliorer la transparence des prix et renforcer la concurrence. Il a rappelé les raisons des prix élevés des produits de grande consommation sur le territoire : un désavantage compétitif lié à l’éloignement, entraînant des surcoûts d’approche et d’approvisionnement, aggravé par l’étroitesse des marchés et la faiblesse des économies d’échelle. L’avis exposé, daté du 28 décembre 2020, a suscité des réactions chez les acteurs économiques, certains estimant que les événements récents devraient être mieux pris en compte.
Le président de l’ACNC a également souligné que le surcoût lié aux chaînes d’importation des produits de grande consommation atteint 30 % pour les grossistes et 46 % pour les distributeurs. Il a ajouté que les marges successives appliquées par les revendeurs augmentent encore les prix pour les consommateurs. Parmi les solutions proposées, on trouve le développement des circuits courts, et la limitation des intermédiaires pour diminuer les coûts. Stéphane Reterrer a aussi insisté sur la nécessité de repenser certains monopoles, comme celui de l’OCEF sur la viande importée, et d’encourager la concurrence dans le secteur du fret aérien et portuaire. La suppression des restrictions quantitatives aux importations dans certains secteurs a également été suggérée pour stimuler la concurrence et faire baisser les prix.
Xavier Benoist, président de la Fédération des entreprises et industries de Nouvelle-Calédonie (Feinc), a salué la tenue de ce premier séminaire : «Je trouve que c’est intéressant. C’est intéressant de partager de la donnée […] » Toutefois, il a aussi relevé un problème de mise à jour des chiffres : « Il y a des corrections à faire sur l’étude, parce qu’on a vu qu’il y avait des erreurs dans l’étude menée par l’Autorité de la concurrence en 2020. Entre-temps, il s’est passé la crise Covid, la crise des prix dans le monde et les émeutes en Nouvelle-Calédonie. » Mimsy Daly, présidente du MEDEF, a insisté sur la nécessité d’une approche globale : «C’est un point de départ qui demande à être considérablement affiné au niveau des données. L’idée, c’est, sur la base de données objectives, de se pencher sur notre capacité collective à améliorer la consommation en NouvelleCalédonie et les conditions de vie des citoyens. » Elle a également souligné l’impact de la fiscalité : «La fiscalité en Nouvelle-Calédonie doit être révisée. Ce sera l’occasion de se poser toutes ces questions dans le cadre de ces séminaires de travail. »
L’emploi, la solution
«On a rappelé, et il a été rappelé pendant cette matinée, une chose essentielle. C’est que la première contribution au pouvoir d’achat d’un Calédonien, c’est de l’emploi. Après avoir perdu pas loin de 12 000 emplois dans le privé en 2024 en Nouvelle-Calédonie, la première question à se poser, c’est comment recrée-t-on 12 000 emplois pour éviter une crise sociale sur les mois à venir ? […] Aujourd’hui, on sait que les emplois qu’on pourra créer, ce seront des emplois d’entreprises calédoniennes. Effectivement, il faut favoriser aujourd’hui le développement des équipes calédoniennes. Je pense qu’il faut accompagner les entreprises qui sont en mesure de réemployer, il faut accompagner les entreprises qui peuvent développer de l’activité en Calédonie, et puis il faut favoriser le développement de filières calédoniennes. C’est un sujet majeur pour la Nouvelle-Calédonie, et pas dans dix ans, tout de suite», expose Xavier Benoist, président de la FEINC.
Sur invitation du membre du gouvernement Christopher Gygès, les représentants du monde économique et les partenaires sociaux se sont réunis, ce vendredi matin, à l’occasion d’un séminaire consacré au pouvoir d’achat des Calédoniens. Chacun y a défendu ses solutions pour contenir la hausse des prix. Des premières mesures sont attendues d’ici fin mars.
Des syndicats de salariés, des organisations patronales, des responsables de la grande distribution, des associations de consommateurs… Dans le hall d’accueil de la Station N, à Nouville, une dizaine de représentants du monde économique et de partenaires sociaux étaient réunis, ce vendredi 21 février, à l’occasion du séminaire dédié au pouvoir d’achat. Un évènement organisé par le gouvernement, dont l’ambition était claire : mobiliser l’ensemble des acteurs pour trouver des solutions à la vie chère et à l’augmentation des prix. "Une priorité absolue", a affiché Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge de l’économie.
Alors que 11 600 salariés du privé ont perdu leur emploi entre mai et décembre 2024, la crainte d’une importante crise sociale se renforce au sein de l’exécutif calédonien, qui veut s’emparer du sujet avant qu’il se transforme en contestation généralisée. "Souvent, on organise ce genre de séminaire après des manifestations", a fait remarquer Christopher Gygès, vantant ainsi l’initiative du gouvernement.
Pas de tabou
Ce premier échange avec le monde économique et social aura permis, selon le porte-parole de l’exécutif, de dresser "un constat partagé" sur les causes de la vie chère en Nouvelle-Calédonie. "Ou, du moins, de faire en sorte que tout le monde dispose des mêmes informations", s’est-il repris, bien conscient que les explications à la cherté de la vie divergent parmi les participants. La mission de dresser cet état des lieux et d’esquisser des premières solutions a été confiée à l’Institut des statistiques et des études économiques (Isee), à la Direction des affaires économiques (DAE) et à l’Autorité de la concurrence.
Élise Desmazures, directrice de l’Isee, a présenté la composition de l’indice des prix à la consommation, un indicateur essentiel pour mesurer l’évolution des prix en Nouvelle-Calédonie. Photo Baptiste Gouret
L’assistance a ainsi pu découvrir que le pouvoir d’achat des Calédoniens s’est grandement dégradé en 2022, l’inflation dépassant l’évolution des salaires. Depuis, les prix ont continué de progresser plus rapidement que les revenus. Il a aussi été question des raisons du renchérissement des prix des produits de grande consommation en Nouvelle-Calédonie : multiplicité des intermédiaires dans la chaîne d’importation et d’approvisionnement, tarifs du fret élevés, marges excessives, droits de douane…
"Je souhaite vraiment qu’il n’y ait pas de tabou, parce que c’est le meilleur moyen de prendre des mauvaises décisions", a assuré Christopher Gygès, qui se dit prêt à aborder les sujets qui fâchent. "La question des monopoles, des salaires, de la taxation, de la fiscalité, des protections de marché…"
"Nous n’avons plus le choix"
Reste à trouver le moyen de concilier les visions et les intérêts antagonistes des acteurs présents ce vendredi à la Station N. Les différentes prises de parole ont donné la mesure de ce défi. "Il y a un problème avec la réglementation des prix, qui fixe un tarif maximum sur lequel tous les opérateurs s’alignent", quand bien même la conjoncture leur permettrait de les réduire, a déploré Tony Dupré, de la Cogetra. De son côté, Ronan Daly, président du syndicat des commerçants, s’en est pris à des "droits de douane trop élevés" à son goût. Pour Laurent Vircondelet, président du Syndicat des importateurs et des distributeurs (SID), la priorité serait d’établir "une liste des produits de première nécessité" à exonérer.
Une vingtaine d’acteurs du monde économique et de partenaires sociaux étaient réunis, ce vendredi 20 février, pour participer au séminaire dédié au pouvoir d’achat et à la structure des prix, organisé par le gouvernement.
Photo Baptiste GouretSi les désaccords venaient à prendre le pas sur un consensus que le gouvernement juge désormais nécessaire entre les partenaires sociaux et les acteurs économiques, "le gouvernement décidera seul", a prévenu Christopher Gygès. "Nous n’avons plus le choix, des milliers de personnes qui ont perdu leur emploi ou qui sont au chômage partiel attendent qu’on prenne des décisions. À nous d’être à la hauteur."
De nouvelles réunions de travail sont prévues dans les prochaines semaines. Le gouvernement veut pouvoir présenter, d’ici la fin du mois de mars, une "stratégie vie chère et pouvoir d’achat".
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Vie chère en Nouvelle-Calédonie : le gouvernement veut présenter une stratégie au Congrès d’ici fin mars NC La 1ère 22/02/2025
Alors que le chômage et l’inflation augmentent, le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie veut mettre en place de nouvelles mesures de lutte contre la vie chère. Un séminaire sur le pouvoir d'achat et la structure des prix était organisé ce vendredi 21 février, avec des chefs d'entreprises et des représentants des organisations syndicales.
Erik Dufour, David Sigal, Cécile Rubichon •
En un an, les prix à la consommation ont grimpé de 1,6%. Ceux de l’alimentation de 5,7%, soulignait l’Institut de la statistique et des études économiques de Nouvelle-Calédonie dans sa dernière publication. En parallèle, depuis mars 2024, plus de 11 000 salariés du privé ont perdu leur emploi, estime l’Isee.
Au chômage, total ou partiel, leur pouvoir d’achat a baissé. Accentuant le ressenti d’augmentation des prix, observe Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge de l'économie. Entraînant une baisse de la consommation, qui pourrait mettre en péril une reprise économique.
Des pistes déjà posées
“On doit prendre des mesures concrètes”, assène l’élu en marge du séminaire sur le pouvoir d'achat et la structure des prix, organisé ce vendredi 21 février, à la station N, à Nouville, par le gouvernement. Chefs d'entreprise et des représentants des organisations syndicales y étaient invités.
Des pistes ont déjà été dessinées : “On peut travailler sur la baisse des droits de douane, plus de transparence, plus de concurrence et sur la question des monopoles en Nouvelle-Calédonie”, propose Christopher Gygès. Derrière cette question, il y a celle des marges pratiquées par certains groupes, jugées responsables de la vie chère en Outre-mer.
On doit aborder la question des monopoles en Nouvelle-Calédonie sans tabou.
Christopher Gygès, membre du gouvernement en charge de l'économie
"On doit l’aborder sans tabou”, estime l'élu. “Il y a des choses qui sont justifiées, d'autres qui ne le sont pas.” Un débat doit être ouvert en mars avec les acteurs économiques. Objectif du gouvernement : présenter une stratégie pouvoir d’achat et prix au Congrès fin mars.
Enjeux économiques et de santé publique, les tarifs de l’alimentation et notamment des fruits et légumes devraient également être au centre des préoccupations. En janvier, les prix des légumes ont augmenté de 11,4%.
L'enjeu des prix alimentaires
Pour Jean-Marc Espalieu, distributeur, la filière doit mieux s’organiser. “C’est encore un peu artisanal, il faut que la filière se professionnalise et que, nous aussi, nous jouions le jeu en tissant des liens avec les producteurs locaux pour leur permettre d’investir et de produire de la qualité à des prix plus bas. Là, c’est souvent le yoyo.”
Contrairement à la viande, pour laquelle les prix sont réglementés, le marché des fruits et légumes est soumis à la loi de l’offre et de la demande. Les prix fluctuent, dépendants de la météo, des quantités produites et de la consommation. Comment les lisser ? Permettre aux agriculteurs d’écouler toute leur production et de ne plus avoir à jeter ? Les questions sont nombreuses.
En attendant, les Calédoniens peuvent s’aider de l’application prix.nc pour faire jouer la concurrence et trouver les meilleurs prix. Ces derniers peuvent tripler d’un magasin à l’autre, par exemple sur les tomates.
2025, année de la reconstruction ? Mimsy DALY, Présidente du MEDEF Nouvelle-Calédonie était l'invitée de RRB ce 18/02/2025
L'INVITÉE DU MATIN : MIMSY DALY | Radio Rythme Bleu 18/02/2025
2025, année de la reconstruction ? Année de la relance de l’économie ? Faut-il y croire, notamment après la table-ronde économique organisée à l’occasion des récentes discussions à Paris ? Nous en avons parlé ce mardi matin avec Mimsy Daly. La présidente du Medef NC était notre invitée à 7h30.
Présentation du rapport NC ECO au membre du gouvernement Christopher GYGES
17/02/2025
Christopher GYGES, membre du gouvernement, porte-parole de l’exécutif, en charge de l'économie, du commerce extérieur, de la fiscalité, du travail et de l'emploi, de l'énergie, du numérique et de l'attractivité de la Nouvelle-Calédonie :
"Ce matin, j’ai eu le plaisir de recevoir au gouvernement les acteurs économiques regroupés sous la bannière NC ÉCO.
À l’ordre du jour :
- Préparation de la venue de Manuel Valls : identification des séquences économiques stratégiques à valoriser.
- Présentation du rapport de NC ÉCO : des propositions concrètes pour engager les réformes dont la Nouvelle-Calédonie a besoin.
- Un choc de simplification : faciliter la vie des entreprises en allégeant les démarches administratives.
- Pouvoir d’achat et baisse des prix : explorer des leviers concrets pour redonner du souffle aux Calédoniens.
- Attractivité et compétitivité : une réforme fiscale ambitieuse pour renforcer notre dynamisme économique.
- Définition des filières d’avenir : identifier et structurer les secteurs stratégiques pour notre développement.
Merci aux participants pour ces échanges riches et constructifs ! Plus que jamais, nous devons avancer collectivement pour bâtir une économie forte et durable pour la Nouvelle-Calédonie".

Forum Économique sur la Nouvelle-Calédonie à Paris le 8 Février 2025
>> Forum Économique sur la Nouvelle-Calédonie à Paris le 8 Février 2025 | MEDEF NC <<
Le Forum Économique sur la Nouvelle-Calédonie autour de Amélie de Montchalin et Manuel Valls a réuni à Bercy et Nouméa les acteurs économiques et, c’est notable, l’ensemble de la représentation politique calédonienne, toutes sensibilités confondues.
Tout le monde semble d’accord sur le constat : il faut sauver l’économie calédonienne, détruite par les émeutes de mai.
Mais il faut aussi et surtout la réformer et pour cela il est urgent de changer de braquet et de méthode. Les pistes sont connues, il faut s’assurer de leur mise en œuvre, en responsabilité, avec le Gouvernement de la NC.
C’est de cette nouvelle méthode qu’il a été question, mais aussi de la nécessité de trouver une solution d’avenir pérenne pour la Nouvelle-Caledonie, faute de la voir s’enfoncer irrémédiablement dans la récession et la crise.
Manuel Valls l’a dit en conclusion : « L’Etat sera là ». Prochaine étape la visitMedef-NCiNC ECO’Etat en février pour la mise en œuvre concrète de ces engagements.
Mimsy DALY, Présidente du MEDEF Nouvelle-Calédonie.
"Le mérite d'exister", "on va voir", "très satisfait", "des réponses" : le forum économique de Bercy vu depuis Nouméa NC La 1ère - 10/02/2025
Outre-mer 360 09/02/2025
Mimsy Daly, présidente du MEDEF #NouvelleCalédonie : « Nous sommes satisfaits de voir la remobilisation des interlocuteurs de l’État autour du dossier néo-calédonien (…) et ce matin, il était beaucoup question de méthode de travail, pas uniquement d’appuis financiers, mais aussi de comment nous travaillons pour obtenir concrètement des résultats pour les Calédoniens et les entreprises calédoniennes. Le ministre Valls a reconnu la nécessité de revoir les formats et notre façon de travailler de façon à relancer collectivement la machine. Je pense que c’est une bonne chose, cette prise de conscience qu’il faut redémarrer sur le volet social et économique. »
Dossier sur la perte de compétences en Nouvelle-Calédonie depuis les exactions de Mai 2024 par l'hebdo DNC du 11/02/2025
Les chefs d’entreprise le déplorent en réunion, tout comme des responsables de service administratif, et le gouvernement de la Nouvelle-Calédonie le reconnaît. Le territoire est confronté à un mouvement nouveau : la perte de compétences. D’après les chiffres de la Chambre de commerce et d’industrie (CCI), entre 10 000 et 11 000 personnes ont quitté l’archipel en 2024. Le prochain recensement de la population, lancé dans quelques mois, confirmera, ou non, ces données et précisera l’ampleur de cette vague sans retour. Le constat est lui brutal : des postes très spécifiques ne sont pas aujourd’hui pourvus ou trouvent difficilement preneurs.
En fait, « il y a deux phénomènes complètement distincts », analyse Alexandre Lafleur, président du groupe Cipac et membre du Medef-NC. Des secteurs, tout d’abord, sont confrontés à des pertes importantes d’activité. Des entreprises sont contraintes de baisser le rideau. Le cas le plus notable se trouve dans le domaine de la métallurgie, avec l’arrêt de l’usine Koniambo Nickel fin août 2024 ou du complexe Prony Resources New Caledonia pendant sept mois l’an passé. L’industrie étant un monde extrêmement agile, des ingénieurs ou techniciens très spécialisés ont été recrutés en d’autres points du globe. (...)
Neuf mois après le début des émeutes et la multiplication des départs, des entreprises se retrouvent amputées de salariés ou de main-d’œuvre. Une situation qui n’est pas sans conséquences pour les équipes restantes. Témoignages : Christophe Delest, président du syndicat des pharmaciens de Nouvelle-Calédonie, affilié au MEDEF-NC et Hennerick Roy, Entreprise de services informatiques : SF2i, adhérente du MEDEF-NC (...)
- [DOSSIER] Des secteurs en pénurie – DNC.NC - 11/02/2025
Le manque de compétences touche différemment les corps de métier. Plusieurs catégories professionnelles, la santé en tête, subissent des départs, tandis que d’autres anticipent les difficultés à recruter lors d’une éventuelle reprise économique. TEMOIGNAGES : L’agence d’intérim Abôro Consulting, Adhérente du MEDEF-NC estime que « près de 70 % des postes proposés aujourd’hui » sont « liés à des départs ». Et ce, « aussi bien sur du niveau technicien que de cadre », analyse Gaël Morvan. (...) Hormis les métiers de la grande distribution et du commerce, qui bénéficient d’un vivier local, les métiers les plus recherchés en octobre 2024 sont, selon les intitulés de la DTEFP : études et développement informatique, soins infirmiers généralistes, comptabilité ou encore secrétariat. (...) "Les industries n’ont pas de problème de recrutement du fait de la baisse d’activité", estime Julien Barras, président de la commission emploi-formation du Medef-NC. "Mais aujourd’hui, il y a une crainte, pour le futur, de la fuite des compétences, parce qu’elles sont financées pour le moment par le chômage partiel exaction". (...) La construction ne manque pas à proprement parler de compétences puisque l’activité décline. "Mais on va devoir licencier et, si cela dure trop longtemps, les employés vont partir", observe Benoît Meunier, président de la FCBTP. Il craint que plusieurs métiers manquent à l’appel, notamment les techniciens, les électriciens, les chefs de chantier ou d’équipe, "quand il y aura la reprise".
Nouvelle-Calédonie : "Dans les difficultés, on peut toujours trouver des opportunités"
Nouvelle-Calédonie : « Dans les difficultés, on peut toujours trouver des opportunités » LA CROIX - 06/02/2025
(...)
"Mimsy Daly, cheffe d’entreprise et présidente du Medef local, est quant à elle la descendante d’un Irlandais qui a émigré aux antipodes au XIXe siècle.
Elle a vécu les émeutes comme une "épreuve terrible". "Cela a créé un traumatisme, rappelle-t-elle. La consommation s’est effondrée et nous sommes tous en train de restructurer nos entreprises pour s’adapter à un marché qui s’est contracté."
Outre-mer
Les entreprises en mal d’assurances contre le risque d’émeutes : Cette semaine, l’entrepreneuse est à Paris pour faire entendre la voix du monde économique lors des discussions à venir. La Nouvelle-Calédonie est un territoire qui a énormément de potentiel dans différents secteurs qui n’ont pas été véritablement exploités, comme le tourisme, l’agriculture ou la pêche, souligne-t-elle. Tout cela nous donne de l’espoir, parce que ce sont des chantiers qui sont source d’emploi et de valeurs pour l’avenir. Mais tout cela, bien évidemment, dépend aussi d’un accord politique."
Benoit Meunier, le président de la FCBTP, Fédération Calédonienne du Bâtiment et des Travaux Publics était l'invité RRB.
Les régimes de chômage et leurs difficultés de financement 30/01/2025
LES JEUDIS DE L'ÉCONOMIE : les régimes de chômage et leurs difficultés de financement | Radio Rythme Bleu
À la mi-journée, dans les Jeudis de l’Économie Radio Rythme, Jean-François Bodin s'est penché, avec ses invités, sur les différents régimes de chômage et leurs difficultés de financement. Il recevait le directeur de la DTE Philippe Martin, Alexandre Lafleur, président de la commission protection sociale du Medef et Tony Dupré, le vice-président de la COGETRA.
Comment éviter l’effondrement ? - La Voix du Caillou 29/02/2025
Comment éviter l’effondrement ? - La Voix du Caillou 29/02/2025
En date du 24 janvier dernier, le Medef-NC a publié une note interne dressant le bilan économique des émeutes, et proposant des perspectives. On en retient qu’il faut agir vite si l’on veut éviter l’effondrement.
Et c’est à la conclusion de cette note que l’on s’intéresse tout d’abord, car elle a le mérite de condenser en trois lignes toute la difficulté dans laquelle la Nouvelle-Calédonie est plongée. « Le préalable à toute reconstruction est de lancer les négociations pour trouver un nouvel accord sur l’avenir institutionnel de la Nouvelle-Calédonie donnant de la visibilité et de la confiance à l’ensemble des acteurs », peut-on lire. Le Medef ne cache pas que cette absence de perspective institutionnelle, que les trois référendums n’ont pas réglée, pèse sur l’économie calédonienne depuis trop longtemps, fragilisant l’économie et entraînant une vague sans précédent de départs que les arrivées ne compensent pas. « Cet exode massif pèse sur la consommation et raréfie les compétences », souligne l’organisation syndicale.
Etat des lieux
Pour étayer cette note de synthèse, qui dresse le « bilan de la crise insurrectionnelle en Nouvelle-Calédonie », le Medef s’appuie entre autres sur les travaux du cabinet d’études et de conseils économiques DME, spécialisé dans les évaluations de politiques publiques et les études d’impact socio-économiques. Selon DME, les émeutes de la CCAT devraient entraîner un recul du PIB en 2024 de l’ordre de 20% à 25%, le produit intérieur brut (PIB) du territoire reviendrait ainsi à son niveau de 2010. En conséquence de quoi, le niveau de vie des Calédoniens pourrait revenir, quant à lui, à son niveau de 2003 ! « En quelques semaines, souligne le syndicat, la crise économique et sociale, générée par les émeutes et les destructions, a gommé les progrès économiques et sociaux réalisés depuis l’accord de Nouméa ». Les chiffres parlent d’eux-mêmes. Les importations ont baissé de 31% et les exportations de 41%, les crédits bancaires aux particuliers ont chuté de 80% (près de 88% pour les crédits immobiliers) et les immatriculations automobiles se sont éffondrées de 80%.
Mais la conséquence la plus dure concerne l’emploi, le Medef soulignant que près de 11 000 emplois, soit 16% du nombre d’emploi total dans le secteur privé avaient été détruits. La situation n’est guère meilleure dans le secteur public, les recettes fiscales et les cotisations sociales s’étant littéralement effondrées. La note précise ainsi que « le financement des charges de fonctionnement des administrations publiques ne sera plus assuré à très court terme puisque les recettes fiscales et les cotisations continuent de baisser ». De manière simple à comprendre, la dépense publique n’est plus compensée par les recettes fiscales et les prélèvements obligatoires. « S’interroger sur notre niveau de dépenses publiques devient plus qu’une nécessité », souligne la note, qui juge que dans ces conditions, « la Nouvelle-Calédonie est en état de faillite ».
Les perspectives ?
Le cabinet DME estime que le recul de l’activité pourrait se poursuivre voire s’amplifier en raison de deux facteurs. Tout d’abord dans le privé, une chute de la consommation des ménages due aux pertes d’emplois et de revenus, pouvant engendrer un appauvrissement des ménages déjà les plus modestes. Ensuite dans le public, où la baisse des prélèvements obligatoires induite par le ralentissement de l’activité va contraindre les collectivirés et les organismes de sécurité sociale à des mesures de rééquilibrage.
Dès lors, comment s’en sortir ? Très clairement, il n’existe aucune autre issue que de s’en remettre à la France. « A ce stade, souligne le Medef, seuls des transferts métropolitains massifs et rapides peuvent stabiliser l’économie et éviter son effondrement. Il s’agit de stopper la spirale négative dans laquelle la Nouvelle-Calédonie est en train de s’enfoncer ». Une aide massive et rapide qu’il convient aussi de chiffrer. « La première des priorités consiste donc à évaluer le montant des transferts métropolitains nécessaires pour stabiliser l’économie et éviter son effondrement et définir la durée de l’intervention financière de la Métropole », peut-on lire. Et le syndicat propose que ces transferts servent à continuer de soutenir directement les entreprises impactées qui n’ont pas encore été aidées, de financer le chômage partiel exactions jusqu’au 30 juin 2025, d’adapter le système d’indemnisation du régime de chômage partiel de droit commun qui concerne d’ores et déjà près de 8.000 personnes pour éviter l’exode des compétences, « de soutenir directement les collectivités calédoniennes en échange de réformes permettant une réduction significative de leurs dépenses de fonctionnement et l’inscription dans une trajectoire budgétaire vertueuse et soutenable », et enfin de financer et de lancer très rapidement de grands projets structurants. Au sortir de ce constat, de ce bilan et de ces propositions, le MEDEF rappelle son souhait de voir le monde économique être partie prenante de la relance, en particulier au sein du PS2R « pour s’assurer que la relance économique soit l’objectif prioritaire des réformes à venir, souligne ainsi la note de l’organisation patronale, il paraît essentiel que la gestion des mesures de sauvegarde, de reconstruction et de refondation soit pilotée par un comité incluant les représentants des institutions calédoniennes mais aussi ceux de l’Etat et de NC ECO pour le monde économique ».
N.V.
Interview de Patrick Dupont mandataire MEDEF-NC à la CAFAT - 29/01/2025
[MEDIA 29/01/2025] Patrick Dupont, directeur général de i2f Nouvelle-Calédonie, associé-gérant du cabinet de conseil Auclair Dupont, et représentant du Medef-NC au Conseil d’Administration de la CAFAT - Sécurité Sociale de Nouvelle-Calédonie.
NoumeaPost : Pensez-vous que la Nouvelle-Calédonie va réussir à se sortir de cette crise majeure ?
Cette série d’interviews met en lumière des personnalités influentes qui partagent leur vision sur des thèmes clés de l’actualité calédonienne. Aujourd’hui, nous rencontrons Patrick Dupont, directeur général de i2f Nouvelle-Calédonie, associé-gérant du cabinet de conseil Auclair Dupont, et représentant du MEDEF au Conseil d’Administration de la CAFAT.
Nouméa Post : Pensez-vous que la Nouvelle-Calédonie va réussir à se sortir de cette crise majeure ?
Patrick Dupont : Je n’ai pas la réponse. Nous sommes dans une situation qui risque de s’aggraver encore davantage par rapport à 2024. Tout dépend des actions qui seront menées, mais surtout de la capacité à résoudre les problèmes politiques, car c’est là que tout commence. Actuellement, on n’a aucun signe encourageant, aucun indicateur qui montre que nous sommes sur le chemin d’une sortie de crise. La crise que nous vivons est sans précédent, sa complexité et son ampleur sont inédites car elle conjugue des problèmes politiques, économiques et sociaux sur une très grande échelle.
NP : Selon vous, quelles sont les réformes les plus urgentes à mettre en place ?
PD : Il faut adapter les dépenses publiques aux moyens dont nous disposons aujourd’hui. Mais avant toute chose, aucune réforme ne sera efficace si nous n’avons pas un accord politique clair et une sécurité totale sur le territoire. Certes, la sécurité s’est améliorée depuis les émeutes, mais il reste des zones problématiques comme le Mont-Dore Sud, où les incidents sont fréquents. Ces insécurités ont des conséquences graves, par exemple la fermeture d’entreprises comme La Biscuitière, ou encore les sites miniers qui sont toujours à l’arrêt, notamment à Thio ou Nakéty. Sur le plan des dépenses, il faut réorganiser complètement le fonctionnement des institutions et réduire les dépenses de 20 à 30 %, y compris les dépenses salariales. La même logique doit s’appliquer à la protection sociale : il faut revoir la carte sanitaire, réorganiser les hôpitaux et les dispensaires, et utiliser des outils comme la télémédecine. Nous n’avons pas le choix : il faut adapter nos structures à la réalité de nos moyens financiers et humains.
NP : Que faudrait-il changer dans le système fiscal calédonien ?
PD : Le problème principal de notre système fiscal, c’est qu’il est trop complexe. Nous avons un nombre invraisemblable de taxes, certaines ne rapportant presque rien. Il faut simplifier et recentrer les prélèvements sur trois grandes fonctions :
- Le fonctionnement des collectivités, financé par la TGC et des impôts tels que l’impôt sur les sociétés.
- La redistribution (solidarité), qui inclut l’ensemble des aides sociales (famille, logement, handicap, retraite minimum…), financée par la CCS et l’IRPP. Le plus simple et le plus efficient serait une CCS progressive (comme en Polynésie).
- La protection sociale, incluant le RUAMM, les régimes de retraite et le chômage, financée majoritairement par les cotisations sociales et les taxes comportementales (alcool, tabac, sucre).
Il faut une affectation claire des recettes fiscales, pour que chaque impôt ait un objectif précis. Cela permettra également d’améliorer l’acceptabilité globale des taxes.
NP : Comment attirer de nouveaux investisseurs après les émeutes de 2024 ?
PD : Il faut d’abord arrêter de rêver à l’arrivée d’investisseurs extérieurs. Nous avons déjà sur place des groupes locaux, des filiales de grandes entreprises, et des chefs d’entreprise capables d’investir et si nécessaire d’amener leurs propres partenaires. Ce sont eux qu’il faut soutenir, en leur offrant un environnement clair, stable et sécurisé. Pour cela, il est aussi essentiel que les collectivités cessent d’intervenir directement dans l’économie. Leur rôle doit être de créer cet environnement clair, stable et sécurisé, de réguler, et de contrôler, pas de devenir actionnaires majoritaires dans des projets économiques. Les SEM (sociétés d’économie mixte) doivent limiter leur intervention à des participations minoritaires et temporaires, comme cela se fait dans d’autres pays. Quand les collectivités deviennent à la fois régulatrices et actionnaires, elles créent des conflits d’intérêts qui découragent les investisseurs et créent parfois de la concurrence déloyale. Si on met en place un cadre légal stable et transparent, les opportunités locales attireront naturellement les investissements nécessaires. Mais tout commence par la stabilité et la sécurité.
NP : Quels secteurs économiques vous semblent les plus prometteurs pour relancer la croissance ?
PD : En premier, le nickel. Cette filière reste un pilier incontournable : si elle disparaît, la Nouvelle-Calédonie n’aura pas les moyens de rebondir. Ensuite, rappelons que la sécurité alimentaire est un enjeu fondamental pour le territoire. De ce fait, nous devons impérativement développer des filières agricoles et d’élevage solides pour garantir notre autonomie alimentaire. Cela passe par des politiques à la fois incitatives et parfois contraignantes. Par exemple, il faut encourager, voire obliger, ceux qui possèdent des terres, y compris coutumières, à les mettre en exploitation (via des systèmes de location des terres). Le tourisme reste un autre secteur prometteur, mais il doit être repensé : il ne s’agit pas de multiplier les infrastructures à tout prix, mais de choisir des sites d’exception et de travailler avec des professionnels pour garantir des standards élevés. Enfin, nous devons valoriser nos ressources naturelles, comme la pêche et les plantes endémiques. Cela pourrait ouvrir des opportunités dans des secteurs comme la pharmacologie, à condition de mettre en place un cadre légal clair pour protéger les intérêts calédoniens. Ces secteurs, bien encadrés et soutenus par une politique cohérente, peuvent être des moteurs de croissance pour notre économie.
Kim Jandot
PODCAST de l'émission du 22 Janvier 2025 dédiée à l'économie de la Nouvelle-Calédonie
PODCAST de l'émission du 22 Janvier 2025 dédiée à l'économie de la Nouvelle-Calédonie - Invitée en plateau, la Présidente du MEDEF-NC, Mimsy DALY, explique la situation actuelle des entreprises calédoniennes et les perspectives économiques pour le territoire dans un environnement politique et sécuritaire toujours incertain.
9 janvier 2025, TV NC La1ère : Attentes des partenaires sociaux calédoniens auprès du 18ème Gouvernement
Le 18e gouvernement de la Nouvelle-Calédonie attendu de pied ferme Quelles seront les priorités du 18e gouvernement ? Pour les organisations patronales et syndicales, la réponse à cette question est claire. La relance de l’économie devra être au centre des travaux du nouvel exécutif. Quid du plan S2R ? Mais alors, quelle suite sera donnée au Plan de sauvegarde, de refondation et de reconstruction, présenté il y a quatre mois par le 17e gouvernement ? Un rapprochement sera-t-il effectué avec le plan quinquennal du Congrès de la Nouvelle-Calédonie ? “Le Medef a participé à l’élaboration du Plan S2R, et avait fait la proposition d’un ensemble de mesures sur neuf thématiques. C’est important que le nouveau gouvernement s’en saisisse et commence à travailler là-dessus”, indique Bertrand Courte, vice-président du Medef-NC. (...)
L'INVITE DU MATIN : MIMSY DALY | 07/01/2025 Radio Rythme Bleu
L'INVITE DU MATIN : MIMSY DALY | 07/01/2025 Radio Rythme Bleu
Alors qu’il n’y a pas de gouvernement de plein exercice, et que les urgences budgétaires sont réelles, que pensent les acteurs du monde économique ? Quelles sont leurs attentes ?
Ce sont des questions que nous avons posées à Mimsy Daly, la présidente du Medef.
Samuel Hnepeune
Convoqués dans la foulée de l’élection, les membres du nouveau gouvernement n’ont pas réussi à se mettre d’accord au premier round. Alcide Ponga a obtenu 4 voix, Samuel Hnepeune, 3. Les élus Calédonie ensemble-Éveil océanien et Uni (Union nationale pour l’indépendance) se sont abstenus.
Alcide Ponga devrait être élu
“On appelle ceux qui veulent continuer à construire la Nouvelle-Calédonie, à voter pour la candidature d’Alcide Ponga pour que l'exécutif puisse se mettre en marche rapidement", réagissait aussitôt après Christopher Gygès, membre Loyalistes-Rassemblement du 18e gouvernement.
“C’était un peu un premier tour pour voir qui recueillait le maximum de voix”, décrivait-il. Les choses se sont vite décantées : dans la foulée, Philippe Dunoyer, tête de la liste Calédonie ensemble-Éveil océanien, démissionnait du gouvernement faute d’avoir obtenu le portefeuille qu’il souhaitait.
Il annonçait aussi que les deux élus de la liste soutiendraient Alcide Ponga au prochain tour. Petelo Sao, de l'Éveil océanien a confirmé. Ce qui donnerait une majorité de 6 voix au candidat des Loyalistes et du Rassemblement. Contre 5 pour Samuel Hnepeune, qui, en 2021, avait fini par s’incliner face à Louis Mapou après 5 mois de duel indépendantiste. Un nouveau tour est prévu ce mercredi 8 janvier, à 14 heures.
Le parcours des deux candidats en bref
Maire de Kouaoua depuis 2014, conseiller spécial auprès de la direction de KNS, Alcide Ponga, 49 ans, est président du Rassemblement depuis avril 2024. Un poste qu’il occupait par intérim depuis 2020 et la démission de Thierry Santa.
En juin, il avait été choisi comme candidat Loyalistes-Rassemblement aux législatives de 2024 dans la 2e circonscription de Nouvelle-Calédonie. Il avait été battu par l’indépendantiste Emmanuel Tjibaou au second tour.
La situation du pays nous oblige, il faudra se retrouver très vite pour mettre en place un gouvernement parce qu’il y a des priorités, des choses importantes à faire et la situation du pays nous oblige à prendre nos responsabilités. Samuel Hnepeune, le 7 janvier
Pour la présidence du 18e gouvernement, il est donc face à Samuel Hnepeune. Originaire de Lifou, 63 ans, ce dernier a dirigé Aircalédonie pendant près de dix ans ; la Sodil, la société d’économie mixte de la province des Îles ; ou encore Sudîles, l’armateur du Betico.
Les crises, il y est habitué, lui qui a aussi été secrétaire général adjoint du gouvernement chargé de l’aménagement et du développement, de 2011 à 2013, et président du Medef NC de juin 2020 à février 2021. Un poste qu’il avait quitté pour briguer la présidence du 17e gouvernement. Après s’être retiré de la course pour qu’enfin la Nouvelle-Calédonie puisse avoir un président du gouvernement, il avait fini par quitter l’exécutif.
Comment se porte le commerce en ce début d'année 2025 ?
Interview Radio Rythme Bleu de Ronan Daly, le président du Syndicat des Commerçants de Nouvelle-Calédonie, le 03/01/2025
Des perspectives pour 2025 ?
L’année 2024 s’est clôturée. Une année particulièrement difficile tant au niveau social qu’au niveau économique. Alors quel bilan les commerçants en tirent-ils ? Malgré la fermeture temporaire de certains magasins pendant les émeutes du mois de mai, y a eu un rebond en cette fin d’année pour la période des fêtes ? Quelles perspectives envisager pour 2025 ?
TV NC La 1ère 03/01/2025 - Reportage sur le commerce avec Ronan DALY, membre du Bureau MEDEF-NC et Président du Syndicat des commerçants
Communiqué du MEDEF-NC qui dénonce les accusations proférées par certains élus et représentations politiques à l’encontre des chefs d’entreprises calédoniens.
COMMUNIQUÉ DU MEDEF NOUVELLE-CALÉDONIE
Nouméa, le 26 Décembre 2024
Le Medef NC dénonce avec la plus grande fermeté les accusations proférées par certains élus et représentations politiques à l’encontre des chefs d’entreprises calédoniens.
Les émeutes du 13 mai, à l’origine de la destruction massive de notre économie et de nos entreprises, ont touché tous les Calédoniens, sans exception, quelles que soient leurs origines, leurs fonctions, leurs religions ou encore leurs sensibilités.
Personne n’a été épargné.
Il est honteux d’entendre dire que certaines entreprises auraient été brûlées par leurs propres propriétaires, de la même manière qu’il est absolument consternant d’accuser les entreprises calédoniennes de discrimination envers certaines communautés, à l’heure où tous les efforts de celles-ci sont tournés vers la sauvegarde de l’emploi et de leur survie pure et simple.
L’entreprise est et restera l’un des piliers du vivre ensemble et de la réduction des inégalités en Nouvelle-Calédonie.
Face à ces déclarations infondées et diffamatoires, le Medef NC se réserve le droit de saisir la justice.
Le MEDEF Nouvelle-Calédonie
DANS LES MEDIAS :
- Dérapage au Congrès | 01/01/2025 Actu NC La séance du jeudi 26 décembre a totalement dérapé, à la suite de déclarations de Marie-Line Sakilia qui siège hors-groupe au perchoir. Alors que la réforme de la TGC était examinée, Marie-Line Sakilia a eu des paroles pour le moins choquantes. Elle a accusé les entreprises d’avoir elles-mêmes incendié leurs locaux durant les exactions, dont la société Le Froid, partie en fumée aux premiers jours de l’insurrection. « Toutes les entreprises, soi-disant que c’est la CCAT ou que ce sont les indépendantistes qui les ont brûlées, a prétendu l’élue. Mais comment se fait-il que le feu a pris ? Étaient-ils à jour de la révision de leur système d’incendie ? », a-t-elle lancé. Alors que le ton montait dans l’hémicycle, la présidente du Congrès Veylma Falaeo est immédiatement intervenue pour demander une suspension de séance. Mais le mal était fait et le Medef nc n’a pas tardé à condamner les propos de l’élue, jadis ralliée au groupe UC FLNKS et Nationalistes. « Il est honteux d’entendre dire que certaines entreprises auraient été brûlées par leurs propres propriétaires, de la même manière qu’il est absolument consternant d’accuser les entreprises calédoniennes de discrimination envers certaines communautés, à l’heure où tous les efforts de celles-ci sont tournés vers la sauvegarde de l’emploi et de leur Le Medef NC dénonce avec la plus grande fermeté les accusations proférées par certains élus et représentations politiques à l’encontre des chefs d’entreprises calédoniens ». L’organisation patronale fait ici référence au FLNKS qui avait dénoncé la semaine précédente lors d’une conférence de presse des pratiques discriminatoires à l’encontre des Kanak dans les entreprises. Face à ces déclarations qualifiées d’« infondées et diffamatoires », le Medef NC a annoncé se réserver le droit de saisir la justice. La réforme de la TGC attendra : Les élus du Congrès étaient convoqués le 26 décembre pour examiner un projet de loi de pays modifiant les taux de la TGC, la troisième condition au versement par l’État de l’avance remboursable de 27,6 milliards de francs à la Nouvelle-Calédonie pour lui permettre de terminer l’année. Or pour être adoptée, une loi de pays doit recueillir l’approbation d’au moins 3/5e des membres du Congrès. L’absence en séance des groupes UNI-Palika et UC-FLNKS a donc rendu impossible un tel résultat. Finalement et à l’initiative du groupe du Rassemblement, une motion demandant le report de l’examen du texte à une séance ultérieure du Congrès a été présentée et adoptée à l’unanimité des groupes politiques, indépendantistes et non-indépendantistes.
- Scandale au Congrès MadeIn
- LE BILLET D'HUMEUR : UN MENSONGE 1000 FOIS RÉPÉTÉ NE FAIT PAS UNE VÉRITÉ! | 27/12 Radio Rythme Bleu
- Clash au Congrès - 27/12 La Voix du Caillou Un grave incident est survenu hier en séance du Congrès à la suite de déclarations de Marie-Line Sakilia qui siège hors-groupe au perchoir. Alors que le sujet était la TGC et sa réforme, Marie-Line Sakilia a eu des paroles pour le moins choquantes. Elle a accusé la société Le Froid, partie en fumée aux premiers jours de l’insurrection, d’avoir incendié elle-même ses locaux. «Toutes les entreprises, soi-disant que c’est la CCAT ou que ce sont les indépendantistes qui les ont brûlées, a prétendu l’élue. Mais comment se fait-il que le feu a pris ? Étaient-ils à jour de la révision de leur système d’incendie ? », a-t-elle lancé. Alors que le conflit s’envenimait dans l’hémicycle, la présidente du Congrès Veylma Falaeo est immédiatement intervenue pour demander une suspension de séance. Mais les propos de l’élue indépendantiste n’ont pas manqué de faire réagir sur la toile. A commencer par Mimsy Daly, présidente du Medef NC. « Après avoir été taxées de racisme sans aucun fondement valable, les entreprises sont maintenant accusées d’avoir orchestré elles-mêmes leurs propres destructions, dans l’enceinte du Congrès de la Nouvelle Calédonie. C’est tout simplement scandaleux », écrit la chef de l’organisation patronale en rappelant que les entreprises sont « les victimes de ces méfaits » et non les coupables. « Les responsables sont ceux qui ont pillé, détruit et brûlé, et ils seront désignés par la justice, et elle seulement », rappelle-t-elle. (...)
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Nouméa Post - RIFIFI AU CONGRÈS : PROPOS HONTEUX, TGC RENVOYÉE, ET BOYCOTT DES INDÉPENDANTISTES La France est dans ses incertitudes institutionnelles, et la Nouvelle-Calédonie y plonge en plein. Hier, la séance, agitée, a été marquée par des propos qualifiés de honteux tenus par Madame Sakilia, une longue suspension de séance et finalement, le boycott des réunions par les indépendantistes jusqu’à la désignation du nouveau gouvernement, et le renvoi de la modification de la TGC à une date indéterminée. Ce sont d’abord les propos de l’élue indépendantiste qui ont mis le feu aux poudres. Celle-ci estime rien moins que des chefs d’entreprises aient mis eux-mêmes le feu à leurs installations le 13 mai, pour des intérêts financiers ! “Honteux”, proteste le Medef. Cela vaudra à l’élue … un rappel à l’ordre. Quant à la TGC, après 5 heures de discussion et en l’absence des indépendantistes, le Congrès a décidé de reporter l’examen du texte à une date ultérieure. Ce qui suscite quelques interrogations pour ce qui concerne la décision de l’État de verser ou non l’aide de 27,5 milliards, conditionnée par l’acception de quelques efforts de la Calédonie en contrepartie.
- Radio cocotier : Cet après-midi, une session houleuse au Congrès a vu émerger des accusations sérieuses formulées par une élue qui a mis en doute les circonstances des incendies ayant ravagé de nombreuses entreprises lors des émeutes du 13 mai. Ces propos, ont rapidement déstabilisé les débats, provoquant des réactions vives...
- Les propos ''honteux'' de Marie-Line Sakilia | 26/12 Radio Rythme Bleu
Des propos qui ont provoqué un tollé, et contraint la présidente Veylma Falaéo à suspendre la séance. Mais ces propos ont aussi provoqué une vive réaction du Medef qui estime qu’il est honteux d’entendre dire que certaines entreprises auraient été brulées par leurs propres propriétaires. Ecoutez la présidente du Medef, Mimsy Daly. (...) Et dans un communiqué, le MEDEF souligne qu'il est de plus consternant d'accuser les entreprises calédoniennes de discrimination envers certaines communautés ( NDLR: comme l'a fait la semaine dernière le bureau politique du FLNKS ) à l'heure où tous les efforts de celles-ci sont tournés vers la sauvegarde de l'emploi et de leur survie pure et simple. (...)
- Altercation, suspension de séance, départ des indépendantistes… Récit d’une journée tendue au Congrès | Les Nouvelles Calédoniennes (...) Le Medef dénonce des propos "honteux" : Quelques heures après la fin de la séance publique, le Medef a réagi aux propos de Marie-Line Sakilia. Dans un communiqué envoyé peu avant 16 heures, ce jeudi, l’organisation patronale dénonce "avec la plus grande fermeté les accusations proférées par certains élus et représentations politiques à l’encontre des chefs d’entreprises calédoniens". "Il est honteux d’entendre dire que certaines entreprises auraient été brûlées par leurs propres propriétaires, de la même manière qu’il est absolument consternant d’accuser les entreprises calédoniennes de discrimination envers certaines communautés, à l’heure où tous les efforts de celles-ci sont tournés vers la sauvegarde de l’emploi et de leur survie pure et simple." Une référence aux accusations formulées par le FLNKS concernant un éventuel "esprit revanchard" anti-kanak qui se serait installé dans les entreprises calédoniennes depuis les émeutes du 13 mai. "L’entreprise est et restera l’un des piliers du vivre ensemble et de la réduction des inégalités en Nouvelle-Calédonie", affirme le Medef, avant de préciser que, face à ces différents propos, le syndicat se réserve le droit de "saisir la justice".